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Les témoignages des personnes en transition, résumés selon leurs propres mots, et ce qu'elles attendent des professionnels de santé.

Derrière chaque chiffre et chaque pénurie de soins se cachent des personnes. Ces dernières années, les personnes en transition inverse ont de plus en plus souvent fait part de leur histoire, souvent malgré une forte opposition. Leurs expériences révèlent un schéma récurrent : une validation rapide au départ, des doutes qui n’ont pas été pris en compte, et un retour qu’elles ont dû effectuer seules.

Un schéma récurrent

Les témoignages publics des personnes ayant renoncé à leur transition, tant aux Pays-Bas qu’à l’étranger, font ressortir les mêmes éléments. Elles ont entamé leur transition très jeunes, souvent lors d’une période de détresse psychologique. Elles ont eu le sentiment que le traitement leur était présenté comme la solution, alors que d’autres explications à leurs symptômes n’étaient pratiquement pas explorées. Les doutes exprimés au cours du parcours ont été balayés d’un revers de main ou interprétés comme faisant partie de la dysphorie. Ce n’est que plus tard, parfois après des interventions irréversibles, qu’ils ont pris conscience que la transition n’apportait pas ce qui leur avait été promis.

Aux États-Unis, des jeunes femmes telles que Chloe Cole, Prisha Mosley et Helena Kerschner se sont exprimées publiquement sur leur transition à l’adolescence et leur retour en arrière par la suite. Au Royaume-Uni, Ritchie Herron a fait de même au sujet de sa transition chirurgicale à l’âge adulte. Leurs récits diffèrent dans les détails, mais partagent un point commun : un parcours de soins qui posait trop peu de questions et agissait trop vite, et un retour pour lequel le système de santé n’avait pas de place.

Pas des outils, mais des personnes

Dans le débat, les personnes en détransition sont souvent mises en avant ou, au contraire, écartées, selon les intérêts de chacun. Ces deux attitudes font violence à leur expérience. Quiconque prend leur histoire au sérieux n’a pas besoin de lui donner une dimension politique : il suffit d’écouter ce qu’elles ont à dire sur le système de santé.

Ce qu’ils attendent du système de santé

Les demandes des personnes en détransition sont remarquablement concrètes et modestes. Elles demandent un diagnostic approfondi préalable, dans le cadre duquel d’autres explications possibles de leurs symptômes soient sérieusement examinées. Elles demandent des informations honnêtes sur les conséquences irréversibles, sans que celles-ci soient minimisées. Ils demandent un lieu sûr où revenir, distinct de la clinique qui a initié la transition. Et ils demandent un suivi : un accompagnement médical, un soutien psychologique et la reconnaissance que leur expérience compte.

Aucune de ces demandes n’est déraisonnable. Elles décrivent simplement ce que devraient être des soins prodigués avec diligence. Le fait que les personnes en détransition soient aujourd’hui largement privées de ces soins n’est pas une loi de la nature, mais le résultat de choix — des choix qui peuvent être différents.

Sources relatives à cette partie


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