recherche
Systematic review (2024) — Prevalentie van spijt na genderbevestigende operatie
Revue systématique (2024) sur le regret après une chirurgie de confirmation de genre. Elle identifie des facteurs de risque tels que le jeune âge, les troubles psychiques et la privation.
Cette revue systématique de 2024 évalue la prévalence des regrets après une chirurgie de confirmation de genre. Les auteurs ont analysé 24 études portant au total sur 3 662 patients, dont la grande majorité (3 673 interventions) a été réalisée aux États-Unis, ainsi qu’en Europe (514), en Asie (97) et en Amérique du Sud (19). La revue a calculé des proportions pondérées en fonction des caractéristiques des études et des résultats chirurgicaux.
Résultats
La prévalence totale des regrets rapportée s’élève à environ 2 %. Chez les patients transféminins, ce chiffre était nettement plus élevé que chez les patients transmasculins. Les auteurs signalent en outre des taux de regret plus faibles aux États-Unis que dans le reste du monde. Les chercheurs attribuent principalement cette différence aux critères de sélection, mais elle pourrait tout aussi bien refléter des différences en matière de suivi, de définition du regret et de disposition à exprimer ce regret.
Limites méthodologiques
Cette revue hérite des faiblesses des études sur lesquelles elle s’appuie. La perte de suivi est structurellement élevée dans ce domaine : les patients qui éprouvent des regrets rompent plus souvent le contact avec la clinique traitante, ce qui fait qu’ils ne sont pas pris en compte dans le décompte. Bon nombre des études incluses utilisent uniquement la demande formelle de chirurgie de transition ou une mention explicite dans le dossier médical comme critère de mesure du regret. Les personnes qui éprouvent des remords mais ne reprennent pas contact, celles qui éprouvent des remords sans pour autant revenir sur l’opération, ainsi que celles qui ne développent des remords qu’au bout de dix ou quinze ans, ne sont pas prises en compte.
De plus, la durée moyenne de suivi des études incluses est courte par rapport à la durée de vie d’une transition. Des recherches récentes menées notamment en Suède montrent que les regrets ne se manifestent souvent que dix ans ou plus après l’opération. Les revues qui combinent des durées de suivi plus courtes sous-estiment donc systématiquement la prévalence réelle des regrets.
Implications pour la politique de santé
Les auteurs concluent que ces résultats peuvent contribuer à l’élaboration de meilleurs critères de sélection pour la chirurgie de confirmation de genre. Parallèlement, cette revue montre que le débat sur les regrets ne peut être tranché par un simple pourcentage. Les facteurs de risque qui reviennent régulièrement dans la littérature sont le jeune âge au moment de l’opération, une comorbidité psychiatrique non traitée ou non diagnostiquée, ainsi qu’une évaluation diagnostique limitée avant l’intervention chirurgicale.
Pour le secteur des soins de santé néerlandais, ces conclusions sont pertinentes au regard du débat sur le « Dutch Protocol » et des critiques internationales croissantes émanant d’Angleterre, de Suède et de Finlande. Une faible prévalence rapportée des cas de regrets ne dispense pas les praticiens de leur obligation de procéder à un diagnostic différentiel approfondi pour chaque patient et d’examiner explicitement les explications alternatives à la dysphorie de genre, telles que les traumatismes, l’autisme ou l’homophobie intériorisée, avant de recourir à des interventions irréversibles.
Transregret