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Zweden stopt volledig met puberteitsblokkeerders voor minderjarigen
Le Karolinska et le Socialstyrelsen ont mis fin aux traitements hormonaux chez les mineurs. La Suède a été le premier pays à rompre complètement avec la pratique néerlandaise.
En 2021, la Suède a été le premier pays à rompre publiquement avec le « protocole néerlandais » relatif au traitement des mineurs souffrant de dysphorie de genre. L'hôpital universitaire Karolinska de Stockholm a cessé de prescrire systématiquement des bloqueurs de puberté et des hormones du sexe opposé aux moins de 18 ans. L’autorité nationale de santé, le Socialstyrelsen, a emboîté le pas en 2022 en adoptant des directives plus strictes applicables à l’ensemble de la Suède. Une analyse publiée sur le site de la Society for Evidence-Based Gender Medicine (SEGM) passe en revue ces différentes mesures.
Karolinska, mai 2021
En mai 2021, l’hôpital Karolinska a annoncé qu’il mettrait fin à l’utilisation systématique des inhibiteurs de la puberté et des traitements hormonaux chez les mineurs en dehors d’un cadre de recherche. L’hôpital a explicitement qualifié le « protocole néerlandais » d’expérimental et a soumis les interventions médicales à des protocoles de recherche stricts, assortis d’une autorisation éthique et du consentement parental. Pour les jeunes de moins de 16 ans, l’accès aux études a été de fait fermé.
Justification
Cette décision s’appuie sur plusieurs analyses de la littérature scientifique. La revue de l’SBU suédois de 2019 (Statens beredning för medicinsk och social utvärdering, l’organisme suédois d’évaluation des preuves) a conclu à un manque de preuves concernant les traitements médicaux utilisés. L’agence britannique NICE a confirmé le rapport risques-bénéfices très incertain. Un arrêt rendu par un juge britannique dans l’affaire Bell (2020) a souligné les problèmes éthiques liés au consentement éclairé des mineurs pour des interventions irréversibles.
Socialstyrelsen, 2022
En février 2022, le Socialstyrelsen a étendu cette conclusion à l’échelle nationale. Les directives stipulent que les bloqueurs de puberté et les traitements hormonaux ne doivent désormais être utilisés chez les mineurs qu’à titre exceptionnel, dans un cadre de recherche, et en respectant des exigences strictes en matière de diagnostic, d’évaluation du niveau de développement et de possibilités de consentement éclairé. Le soutien psychologique devient la norme en première intention.
Rupture avec le protocole néerlandais
Le protocole néerlandais — élaboré à Amsterdam dans les années 1990 et fondé sur des études de cohorte qui ont ensuite été reprises dans le monde entier — constituait jusqu’alors la norme internationale de référence. L’Institut Karolinska s’en est écarté en constatant que l’analyse risques-bénéfices n’était pas suffisamment étayée, que la population cible avait considérablement changé (notamment les filles présentant une dysphorie d’apparition tardive) et que les résultats positifs de la cohorte d’Amsterdam n’avaient pas été reproduits.
Conséquences internationales
Ce changement de cap suédois a été suivi par la Finlande en 2020-2021, par le Royaume-Uni et le Danemark en 2022-2024, puis par la Norvège en 2024. Toujours le même raisonnement : des données probantes insuffisantes, une population qui a évolué, l’absence de données à long terme, des préoccupations éthiques concernant le consentement. Pour les Pays-Bas — pays d’origine du protocole —, cela signifie que la viabilité internationale de leur propre pratique est de plus en plus remise en cause, alors que les organisations professionnelles néerlandaises n’ont pas adapté leur politique.
Transregret