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Les Pays-Bas maintiennent leur position

Ce modèle de prise en charge a vu le jour aux Pays-Bas : il s'agit du « Dutch Protocol ». Alors que d'autres pays ont changé de cap, les Pays-Bas continuent, dans l'ensemble, de s'en tenir à la pratique existante.

Le modèle de prise en charge qui a été adopté dans le monde entier a été développé aux Pays-Bas. C'est précisément pour cette raison qu'il est frappant de constater que les Pays-Bas, alors que la Finlande, la Suède, la Norvège, le Danemark et le Royaume-Uni ont revu leur approche, s'en tiennent pour l'essentiel à la pratique existante.

Le protocole néerlandais

Dans les années 1990 et au début de ce siècle, des praticiens d’Amsterdam ont mis au point ce qui est devenu internationalement connu sous le nom de « protocole néerlandais » : l’utilisation d’inhibiteurs de la puberté chez des jeunes soigneusement sélectionnés, suivie d’un traitement hormonal transgenre et, éventuellement, d’une intervention chirurgicale à un âge plus avancé. Ce protocole s’appuyait sur un nombre limité d’études initiales menées auprès d’une population de patients spécifiquement sélectionnée. Ces recherches initiales constituent encore aujourd’hui une grande partie des fondements de la pratique mondiale.

Les critiques à l’égard de ces fondements

Les revues systématiques à l’origine de la Cass Review se sont également penchées sur ces recherches néerlandaises initiales. La critique porte sur le fait que les études initiales portaient sur un échantillon restreint, concernaient un groupe très sélectif, comportaient un suivi de courte durée et ne comportaient pas de groupe témoin comparable. De plus, le groupe de patients sélectionné à l’époque diffère considérablement du groupe beaucoup plus vaste et diversifié de jeunes qui se présentent aujourd’hui. On peut donc se demander si les résultats favorables de l’étude initiale s’appliquent encore à la pratique actuelle.

Le paradoxe du berceau

Le pays qui a conçu ce modèle est celui qui s’y accroche depuis le plus longtemps, alors que les preuves sur lesquelles repose ce modèle ont justement été rejetées ailleurs. Cela rend la position néerlandaise vulnérable face à la question de savoir pourquoi, ici, on tire des conclusions différentes à partir des mêmes preuves.

L’absence de changement de cap

Alors que les révisions menées à l’étranger ont toujours été précédées d’une évaluation formelle et systématique des données probantes, une évaluation indépendante comparable n’a pas eu lieu aux Pays-Bas. Les centres néerlandais concernés soulignent la rigueur de leur propre processus de diagnostic et font valoir que le modèle néerlandais a justement toujours reposé sur une sélection prudente. Les détracteurs affirment que cette défense passe à côté du cœur de la critique internationale, à savoir que les données probantes relatives au traitement lui-même sont faibles, quelle que soit la sélection effectuée.

Pourquoi cela est-il important ?

L’absence de révision a des conséquences directes. Tant que les Pays-Bas s’en tiendront à une pratique dont les fondements scientifiques ont été rejetés au niveau international, des mineurs continueront de subir des traitements irréversibles sur la base d’un fondement jugé insuffisant ailleurs. La question de savoir qui est responsable lorsque ces traitements s’avèrent avoir causé des dommages a posteriori devient donc de plus en plus urgente. Ce dossier montre que cette question ne relève pas de la politique, mais d’une évaluation scientifique indépendante et répétée.

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