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Les dommages

Les conséquences physiques et psychologiques d'une transition annulée. Une partie des dommages est irréversible.

Une transition laisse des traces qui ne disparaissent pas du jour au lendemain lorsqu’une personne arrête son traitement. Pour les personnes en phase de détransition, c’est là le nœud du problème : elles reviennent en arrière, mais leur corps ne revient pas entièrement en arrière. Une partie des conséquences est irréversible, à laquelle s’ajoute un préjudice psychologique à peine reconnu par le système de santé.

Conséquences physiques irréversibles

Les dommages les plus importants sont permanents. Chez les personnes ayant pris de la testostérone, les changements tels qu’une voix plus grave, une pilosité faciale et un clitoris hypertrophié ne disparaîtront plus. Chez celles ayant pris des œstrogènes, la croissance mammaire peut être permanente et la perte de fertilité peut être irréversible. Les interventions chirurgicales — ablation d’un sein, de l’utérus ou des organes génitaux — sont définitives ; une reconstruction ne permet jamais de restaurer entièrement ce qui a été retiré.

Perte de la fertilité et de la fonction sexuelle

De nombreuses personnes ayant fait marche arrière ne découvrent qu’après coup les effets du traitement sur leur fertilité. Les personnes ayant reçu, à l’adolescence, des inhibiteurs de la puberté suivis d’un traitement hormonal du sexe opposé couraient le risque de ne jamais devenir fertiles. Par ailleurs, les personnes ayant fait marche arrière signalent une perte permanente de la sensibilité et de la fonction sexuelles — une conséquence dont l’ampleur n’a que rarement été abordée dans toute son étendue lors de la prise de décision.

Caractère irréversible et jeune âge

Plus une personne est jeune au début du traitement, plus les conséquences irréversibles pèsent lourd : il lui reste toute une vie à vivre avec un choix effectué à un jeune âge, souvent avant même d’en avoir pu mesurer toutes les implications. C’est précisément ce qui rend un diagnostic préalable minutieux si crucial.

Traumatisme psychologique

Outre les aspects physiques, la détransition s’accompagne d’un fardeau psychologique. Les personnes en détransition décrivent un sentiment de deuil face à ce que leur corps a perdu, de la colère face à un parcours de soins qui les a mal évaluées, et de la honte vis-à-vis d’un entourage qui a encouragé la transition. Chez certaines personnes, les problèmes initiaux — traumatisme, dépression — refont surface sans détour, sans que la transition n’ait rien résolu.

À cela s’ajoute le sentiment de ne plus avoir sa place nulle part. La communauté transgenre ne semble souvent plus être un lieu sûr, et la société dans son ensemble ne comprend pas la détransition. Cet isolement aggrave la détresse psychologique précisément au moment où le soutien est le plus nécessaire.

Des dommages qui ne sont pas pris en compte

Comme la détransition est mal recensée, les dommages restent eux aussi largement invisibles dans les chiffres officiels. Ceux qui évitent les cliniques n’apparaissent nulle part dans les statistiques de résultats. De ce fait, le traitement semble plus sûr qu’il ne l’a été pour ce groupe, et les préjudices restent hors de vue des décideurs en matière de soins.

Sources relatives à cette partie


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