Partie 5 sur 6

Manque de soins

Le système de santé néerlandais n'accueille pratiquement pas les personnes en transition. L'accueil, un parcours de soins et le suivi font largement défaut.

Toute personne souhaitant effectuer une transition aux Pays-Bas dispose d’un parcours de soins bien défini. En revanche, celles qui souhaitent revenir en arrière ne trouvent pratiquement rien. Il n’existe pas de parcours de soins établi, pas de structure désignée, ni de protocole de suivi. Le système de santé qui a si volontiers facilité la transition fait défaut dès qu’une personne revient en arrière.

Pas de parcours de soins pour le retour

Les soins liés au genre aux Pays-Bas sont axés sur la transition, et non sur la détransition. Il n’existe pas de parcours clair pour ceux qui souhaitent arrêter : à qui s’adresser, qui accompagne l’arrêt progressif des traitements hormonaux, qui traite les conséquences physiques, qui offre un soutien psychologique ? Les personnes en détransition doivent se débrouiller seules, souvent auprès de professionnels qui n’ont aucune expérience en la matière.

Le seuil à franchir pour revenir en arrière

Pour beaucoup, retourner à la clinique qui a initié la transition est inconcevable. La méfiance, la honte et parfois la colère font obstacle. Mais en dehors de cette clinique, il n’y a pratiquement aucune alternative. Il en résulte un vide : l’établissement qui dispose du plus grand savoir-faire ne semble pas sûr, tandis que le reste du système de soins manque de connaissances. Les personnes en détransition se retrouvent ainsi prises entre deux feux.

La reconnaissance, condition préalable aux soins

Tant que le système de santé continuera à traiter la détransition comme une exception rare, aucun parcours de soins ne pourra voir le jour. Reconnaître que ce groupe existe et qu’il a besoin de soins constitue la première étape. Considérer les personnes en détransition comme un phénomène marginal n’est donc pas une simple erreur d’appréciation, mais un choix qui prive ces personnes de soins.

Un suivi qui fait défaut

Un bon suivi devrait inclure plusieurs éléments : un accompagnement médical pour le sevrage hormonal et la prise en charge des complications, un soutien psychologique pour faire le deuil et surmonter les traumatismes, ainsi qu’une aide pour se reconstruire une vie. Dans la pratique, aucun de ces éléments n’est organisé de manière structurelle. Les personnes en détransition gèrent leur rétablissement en grande partie par leurs propres moyens, parfois avec le soutien de personnes dans la même situation sur Internet, car le système de santé conventionnel ne propose aucune prise en charge.

La chaîne des défaillances

Ces lacunes ne commencent pas au stade du suivi. Elles trouvent leur origine dans un diagnostic posé trop hâtivement, dans une information qui a minimisé les risques, et dans un système d’enregistrement qui n’a pas suivi les abandons. La détransition est le point de convergence de toutes ces lacunes. Un système de santé qui aurait accompagné la transition avec soin aurait également pu prendre en charge le retour. Le fait qu’il ne le fasse pas met en évidence à quel point le système de santé est organisé de manière unilatérale.

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