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Qu'est-ce que la transition ?

La détransition consiste à interrompre ou à inverser un processus de transition médicale. En quoi cela consiste-t-il exactement, quelles en sont les différentes formes et qui procède à une détransition ?

La détransition consiste à interrompre ou à inverser un traitement médical de confirmation du genre. Toute personne ayant suivi un traitement hormonal ou subi une intervention chirurgicale et qui décide de s’écarter de cette voie effectue une détransition. Il ne s’agit pas d’un processus univoque : cela va de l’arrêt du traitement hormonal aux tentatives de restauration post-opératoire, et les raisons qui motivent cette décision sont très variées.

Une définition qui ne fait pas l’unanimité

Il n’existe pas de définition fixe de la détransition. Certains chercheurs ne prennent en compte que les personnes qui arrêtent leur traitement et reviennent à leur sexe de naissance. D’autres prennent en compte toute personne qui interrompt son traitement, quelle qu’en soit la raison ou la direction. Ce flou n’est pas un détail : il permet de minimiser l’ampleur de la détransition, en ne comptant pas parmi les personnes en détransition celles qui interrompent leur transition pour des raisons médicales.

Distinction importante : la détransition n’est pas synonyme de regret, mais les deux phénomènes se recoupent. Une personne peut interrompre son traitement en raison de complications sans pour autant regretter la transition elle-même. Une autre personne revient en arrière parce que la dysphorie a disparu et que la transition s’est avérée être une erreur avec le recul. Ces deux cas relèvent de la détransition.

Formes de détransition

  • Arrêt du traitement hormonal. Il s’agit de l’étape la plus courante : l’arrêt de la testostérone ou des œstrogènes. Certains effets disparaissent, d’autres persistent.
  • Retour au rôle social correspondant au sexe de naissance. Le prénom, la tenue vestimentaire, la présentation et la manière dont on s’adresse à la personne sont rétablis, souvent dans un environnement qui avait justement encouragé la transition.
  • Inversion chirurgicale. Tentatives visant à annuler des interventions chirurgicales, telles que la reconstruction mammaire après une mastectomie. De nombreuses interventions ne peuvent pas être annulées, ou ne le peuvent que partiellement.
  • Détransition partielle. Certaines personnes mettent fin à une partie du traitement tout en en conservant une autre, par exemple parce que l’inversion est impossible.

La détransition n’est pas un échec de la transition

Une personne qui se déstransitionne n’a pas échoué. Souvent, cela indique au contraire que le diagnostic initial était insuffisant, que des problèmes sous-jacents n’ont pas été identifiés, ou que le traitement a été entamé sans que les conséquences aient été suffisamment évaluées.

Qui opte pour la détransition ?

Ce groupe est hétérogène, mais les témoignages et les études font ressortir un profil récurrent : un nombre relativement important de jeunes adultes ayant entamé leur transition à l’adolescence, parmi lesquels on observe une surreprésentation des jeunes filles ayant effectué une transition vers le genre masculin. À y regarder de plus près, bon nombre d’entre eux semblent être confrontés à des problèmes sous-jacents — traumatisme, autisme, dépression ou questionnement sur l’orientation sexuelle — qui n’ont pas été suffisamment explorés au moment de la transition.

Les personnes ayant renoncé à leur transition se sentent souvent doublement abandonnées : d’abord par un système de soins qui les a rapidement orientées vers la transition, puis par ce même environnement social et de soins qui ne laisse aucune place à celles et ceux qui font demi-tour. Quiconque exprime ouvertement ses regrets risque d’être considéré comme une exception ou comme un instrument dans une lutte politique. Cette marginalisation rend le groupe invisible et perpétue les défaillances du système de soins.

Sources relatives à cette partie


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