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Les débuts à Amsterdam

À la fin des années 80, une petite équipe d'Amsterdam a eu l'idée de retarder la puberté d'un jeune patient — ce qui allait donner naissance au « protocole néerlandais ».

Le « Dutch Protocol » n’a pas débuté sous la forme d’un programme de recherche à grande échelle, mais comme une intervention clinique menée auprès d’un seul patient. À la fin des années 1980 et au début des années 1990, une petite équipe dirigée par la psychologue Peggy Cohen-Kettenis, à Amsterdam, a mis au point l’approche qui allait devenir par la suite la norme mondiale.

Le premier cas

Au cœur de cette histoire se trouve une patiente connue dans la littérature sous le nom de FG. Il s’agissait d’une adolescente née de sexe féminin, souffrant d’une dysphorie de genre intense et précoce, qui était devenue insupportable avec l’arrivée de la puberté. L’équipe soignante était confrontée à un dilemme : les changements physiques liés à la puberté féminine étaient irréversibles et rendaient une transition ultérieure plus difficile, tant sur le plan médical que social.

La solution retenue consistait à suspendre pharmacologiquement la puberté à l’aide d’un agoniste de la GnRH — un médicament initialement développé pour le traitement de la puberté précoce. En suspendant la puberté, la jeune personne gagnerait du temps et une éventuelle transition ultérieure vers l’autre sexe s’accompagnerait de moins de séquelles irréversibles.

Le raisonnement sous-jacent

Deux hypothèses en constituaient le fondement. La première était qu’une dysphorie de genre apparue précocement et persistante, aggravée par la puberté, constituait un indicateur fiable d’une transsexualité durable à l’âge adulte. La seconde était que le report de la puberté soulagerait la souffrance et améliorerait le résultat final du traitement, car l’adolescent n’aurait pas à traverser une puberté indésirable.

En 1998, Cohen-Kettenis et sa collègue Stephanie van Goozen ont publié la première description de cas dans une revue scientifique. C’est ainsi que cette approche a été mise en lumière pour la première fois à l’échelle internationale. Il s’agissait à l’époque d’un seul patient, suivi pendant une période limitée.

Un modèle fondé sur un seul cas

Ce qui est frappant dans la genèse du Protocole néerlandais, c’est qu’une chaîne d’interventions médicales radicales et irréversibles — inhibition de la puberté, hormones sexuelles, chirurgie — a trouvé son origine dans le traitement et la publication du cas d’un seul patient. Sa diffusion mondiale ultérieure reposait sur une base empirique extrêmement restreinte.

Du cas clinique au protocole

Au cours des années qui ont suivi, le centre d’Amsterdam, rattaché au centre médical de l’Université libre d’Amsterdam (VU), a développé cette approche pour en faire un modèle de traitement protocolisé, assorti de limites d’âge fixes et d’étapes de sélection. Des inhibiteurs de la puberté dès le début de la puberté, des hormones sexuelles à partir de seize ans environ et une intervention chirurgicale à l’âge adulte. Ce modèle en trois étapes a été baptisé « protocole néerlandais » dans la littérature internationale.

Il est essentiel de noter que, dans cette phase initiale, le protocole a été appliqué à un groupe soigneusement sélectionné : des jeunes présentant une dysphorie précoce et stable, et ne souffrant pas de troubles psychiques concomitants graves. Ces critères de sélection — qui feront l’objet de la partie suivante — étaient stricts dans le cadre initial.


Références relatives à cette partie

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