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La réclamation concernant le bouton « Pause »

Qu'est-ce que les inhibiteurs de la puberté, comment fonctionnent-ils et d'où vient l'idée qu'il s'agit d'un « bouton pause » sûr et réversible ?

L'image est familière et rassurante : un inhibiteur de la puberté met temporairement la puberté en pause, afin qu'un enfant puisse réfléchir sereinement. Rien n’est perdu, tout est réversible. Ce message est au cœur de la campagne d’information depuis des décennies. Mais quel est réellement l’effet de ce médicament, et d’où vient cette métaphore du « bouton pause » ?

Qu’est-ce qu’un inhibiteur de la puberté ?

Les inhibiteurs de la puberté sont des agonistes de la GnRH : des médicaments qui agissent sur l’axe hypothalamo-hypophysaire. En stimulant en continu l’hypophyse, ils entraînent, après une brève phase initiale, l’arrêt de la production de LH et de FSH, ce qui provoque une forte baisse de la production de testostérone et d’œstrogènes. Le corps interrompt ainsi la puberté physique : le développement des seins, les règles, la pousse de la barbe et le mutage de la voix ne se produisent pas ou s’arrêtent.

Ces médicaments ont été développés à d’autres fins. Ils sont utilisés depuis longtemps dans le traitement de la puberté précoce (pubertas praecox), qui se caractérise par le début de la puberté à un très jeune âge, ainsi que dans certaines affections hormono-dépendantes. Leur utilisation dans le cadre de la dysphorie de genre constitue une indication hors AMM.

D’où vient l’expression « bouton pause » ?

L’utilisation de ces traitements dans le cadre de la dysphorie de genre a vu le jour aux Pays-Bas à la fin des années 1990, dans le cadre de ce qui allait plus tard être appelé le « protocole néerlandais ». L’idée était que le report de la puberté donnerait à l’enfant le temps de laisser son identité de genre se cristalliser, tout en évitant des changements corporels irréversibles. C’est de là qu’est née la métaphore du « bouton pause » : appuyez dessus, réfléchissez, puis appuyez à nouveau sur « play » si vous le souhaitez.

Le problème est que cette métaphore suggère deux choses qui ne sont pas avérées. Premièrement, que la puberté reprendra ensuite normalement, sans conséquences. Deuxièmement, que la mise en pause elle-même est neutre et ne détermine pas de trajectoire propre. Ces deux hypothèses ont été réfutées ces dernières années par des recherches systématiques, qui seront abordées dans les parties suivantes.

Une métaphore n’est pas une preuve

Le bouton « pause » est une image, pas une découverte scientifique. La question de savoir si la puberté « reprend » réellement sans conséquences durables, et si cette suspension a un effet neutre sur la suite du processus, est une question empirique. Les études présentées dans ce dossier montrent que la réponse à ces deux questions est incertaine, voire négative.

Sources de cette partie


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