28 août 2026
La détransition n'est pas un retour en arrière, mais un combat permanent avec la réalité
La blogueuse canadienne Michelle Alleva, elle-même détransitionnée, explique pourquoi la détransition ne constitue pas un rétablissement du corps d'avant la transition. Les cicatrices, la fertilité réduite et la perte de fonctionnalité sont irréversibles. Elle plaide pour un accompagnement centré sur le travail de deuil et l'acceptation du changement permanent, et non sur un idéal de guérison inaccessible.
Vous doutez, vous avez des regrets, des séquelles ou vous êtes en détransition ?
Contactez-nous en toute confidentialitéMichelle Alleva, écrivaine canadienne ayant elle-même vécu une détransition et auteure du blog Some Nuance, Please, remet en cause l'image couramment répandue de la détransition comme simple retour à la case départ. Dans un essai récent, elle décrit ce processus non comme un rétablissement, mais comme un combat continu avec une réalité qui ne peut plus être défaite. Publié à l'origine sur le site néerlandais d'information transspijt.nl, cet essai soulève des questions directement pertinentes pour le débat belge sur les soins de genre destinés aux jeunes.
Un corps en conflit permanent avec la réalité biologique
Le point central d'Alleva est que la transition modifie le corps de façon permanente, d'une manière qui reste visible — et parfois audible — en conflit avec la réalité biologique. Cette tension ne disparaît pas avec la détransition : les cicatrices, la fertilité réduite, les effets hormonaux durables et la perte de fonctionnalité ne s'inversent pas simplement. Selon elle, celui ou celle qui a transitionné puis détransitionné porte en réalité les deux empreintes simultanément : le corps d'avant et les séquelles permanentes de l'intervention médicale.
Pourquoi le terme « rétablissement » est inapproprié
Alleva identifie une partie du problème dans le cadrage de ces deux processus. La transition est présentée comme un acte créateur : l'utilisation de la technologie médicale pour rapprocher le corps de l'autre sexe, avec des limites certes, mais avec un objectif clair. La détransition est censée produire le même type de résultat en sens inverse — alors que la chirurgie reconstructive ne restitue jamais un sein amputé dans sa forme originelle, et qu'une phalloplastie ne se défait pas pour revenir à la situation initiale.
Les « petits rappels douloureux » persistent
Les personnes détransitionnées, tout comme celles en cours de transition, sont confrontées à ce qu'Alleva appelle des « petits rappels douloureux » : être interpellé par inadvertance avec le mauvais pronom, avoir un corps qui ne correspond plus à sa propre identité. La détransition ne restaure pas automatiquement une résilience psychologique qui n'existait pas auparavant — l'incertitude d'un nouveau départ est, selon elle, au moins aussi déstabilisante que la transition initiale, à cette différence près qu'il n'y a cette fois aucune perspective claire d'aboutissement.
L'acceptation radicale plutôt que le rétablissement
La conclusion d'Alleva est que la détransition ne consiste pas à effacer le passé, mais à accepter radicalement une cicatrice permanente, aussi bien physique qu'existentielle. Pour ceux qui doutent de la transition, ou qui ont déjà détransitionné, c'est un message difficile mais honnête : il n'existe pas de chemin de retour vers la situation d'avant la transition, seulement une voie en avant qui regarde en face les conséquences durables au lieu de les nier.
Implications pour l'accompagnement des personnes détransitionnées
Sur le plan pratique, cela implique un changement d'attentes dans l'accompagnement : le succès ne peut pas se mesurer à la proximité avec le corps d'avant la transition, car ce corps n'existe plus. Alleva plaide implicitement pour que les soins aux personnes détransitionnées soient organisés autour du travail de deuil et de l'acceptation du changement permanent, plutôt qu'autour d'un idéal fictif de guérison qui ne fait que décevoir lorsqu'il s'avère inaccessible. Cela rejoint ce que les personnes détransitionnées rapportent fréquemment dans leurs témoignages : le besoin de reconnaissance de la perte, et non la promesse que tout redeviendra comme avant. Cette prise de conscience déplace également la conversation que les parents, médecins et soignants devraient mener avec une personne en questionnement : non pas la question de savoir si la transition est entièrement réversible, mais celle de savoir si la personne est prête et capable de vivre avec les conséquences permanentes, dans les deux directions.
Source :
- transspijt.nl. « Detransitie is geen terugkeer, maar een blijvend gevecht met de werkelijkheid ». transspijt.nl
Source : transspijt.nl — https://transspijt.nl/artikelen/detransitie-conflict-met-werkelijkheid/
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