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Le NHS et le Royaume-Uni

Au Royaume-Uni, le rapport Cass a conduit à la fermeture de la clinique Tavistock, spécialisée dans les questions de genre, et à la décision du NHS de ne plus prescrire de bloqueurs de puberté en dehors des essais cliniques.

C'est au Royaume-Uni même que les conséquences du rapport Cass ont été les plus directes. Ce rapport a été à l'origine du démantèlement d'un modèle de soins qui faisait figure de norme depuis des décennies. La clinique centrale spécialisée dans les questions de genre a été fermée et le NHS a considérablement réduit les traitements médicaux destinés aux mineurs.

La fermeture de Tavistock et du GIDS

Le Gender Identity Development Service (GIDS), rattaché au Tavistock and Portman NHS Foundation Trust à Londres, a été pendant des années le seul service spécialisé dans les questions de genre destiné aux enfants et aux adolescents en Angleterre et au Pays de Galles. Ce service était confronté à de longues listes d’attente, à des plaintes émanant de lanceurs d’alerte et à des inquiétudes quant à la qualité des diagnostics. Une conclusion intermédiaire de la Cass Review a établi qu’un service unique et surchargé ne constituait pas un modèle sûr et viable. Le GIDS a été fermé en 2024 et remplacé par un réseau de centres régionaux adoptant une approche plus large et holistique.

La décision du NHS concernant les inhibiteurs de puberté

Parallèlement, le NHS England a décidé de ne plus prescrire systématiquement de bloqueurs de puberté aux mineurs souffrant de dysphorie de genre. Désormais, ces médicaments ne peuvent en principe être utilisés que dans le cadre d’essais cliniques contrôlés. Cela revient en fait à reconnaître que le traitement est expérimental et que les preuves scientifiques doivent d’abord être établies avant qu’il puisse être proposé à grande échelle. Le gouvernement britannique a pris des mesures supplémentaires afin de restreindre davantage la prescription d’inhibiteurs de la puberté à cette fin.

Des soins standard au cadre de recherche

Le cœur du revirement britannique réside dans le fait que les inhibiteurs de la puberté sont passés du statut de traitement standard à celui d’intervention de recherche. Il s’agit d’un changement de principe : cela fait peser la charge de la preuve sur le traitement lui-même plutôt que sur le patient qui subit des préjudices a posteriori.

Un nouveau modèle de prise en charge

Au lieu d’une prise en charge médicale rapide, cette étude a préconisé un modèle global centré sur la santé mentale, les éventuelles difficultés connexes et le développement de l’enfant. De nombreux jeunes qui se présentent pour une dysphorie de genre s’avèrent également souffrir d’autres troubles, tels que l’autisme, l’anxiété, la dépression ou un passé traumatisant. La revue a souligné que ces problèmes ne doivent pas être négligés au profit d’une approche exclusivement axée sur le genre.

Réactions

Ces décisions ont suscité des réactions vives. Les partisans du modèle ont évoqué une atteinte à l’accès aux soins, tandis que d’autres ont considéré ces décisions comme une correction nécessaire d’une pratique qui était allée trop loin. Les auteurs de l’étude et le NHS ont réaffirmé le principe selon lequel la sécurité et des preuves solides doivent primer, en particulier lorsqu’il s’agit de mineurs vulnérables.

Sources pour cette partie


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