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Ce sur quoi portait l'étude Cass

En 2020, la « Cass Review » a été chargée d'examiner les soins liés à l'identité de genre dispensés aux mineurs en Angleterre. Quatre ans plus tard, sa conclusion principale était que les données probantes concernant ces traitements sont remarquablement faibles.

À l'automne 2020, le NHS England a chargé la pédiatre Hilary Cass de mener une enquête approfondie sur les soins liés à l'identité de genre dispensés aux enfants et aux adolescents en Angleterre. Cette initiative faisait suite à une forte augmentation du nombre d’orientations vers la clinique centrale spécialisée dans les questions de genre, à des inquiétudes cliniques persistantes et à des préoccupations concernant la qualité des soins. Le rapport final a été publié en avril 2024 et compte plusieurs centaines de pages.

La mission et son champ d’application

Cette étude ne visait pas à évaluer un traitement en particulier, mais l’ensemble du parcours de soins : de l’orientation et du diagnostic jusqu’à l’accompagnement psychologique et aux interventions médicales telles que les inhibiteurs de la puberté et les traitements hormonaux transgenres. Cass a été chargée de formuler des recommandations en vue d’un modèle de soins pérenne. À cette fin, elle a fait réaliser une revue systématique et indépendante de la littérature par l’université de York, s’est entretenue avec des patients, des parents, des praticiens et des groupes d’intérêt, et a dressé un état des lieux des pratiques du service existant.

La méthodologie

Le cœur de cette étude consistait en une série de revues systématiques de la littérature. Il s’agit de la méthode utilisée en médecine pour évaluer la qualité des données probantes : on rassemble toutes les études disponibles, on évalue leur rigueur méthodologique à l’aide de critères établis et on détermine ainsi le degré de fiabilité des conclusions. Outre l’analyse des données probantes, cette étude a dressé un état des lieux du fonctionnement concret du Gender Identity Development Service (GIDS) de Tavistock, y compris les listes d’attente, les procédures de diagnostic et les schémas d’orientation.

La conclusion principale

La conclusion principale a remis en cause les fondements mêmes de la pratique thérapeutique. Selon cette revue, les données censées étayer l’utilisation des inhibiteurs de la puberté et des traitements hormonaux chez les mineurs se sont révélées remarquablement faibles. Les études étaient de petite envergure, souvent dépourvues de groupe témoin et sujettes à des biais. Il n’était donc pas établi que ces traitements améliorent la santé mentale à long terme, alors que ces interventions peuvent avoir des conséquences irréversibles.

Citation clé tirée du rapport

La revue a constaté que les enfants bénéficiant de ces soins constituaient une exception : ils recevaient des traitements radicaux, en partie irréversibles, sur la base de données probantes qui seraient jugées insuffisantes dans pratiquement tous les autres domaines de la médecine. Le rapport a parlé de « données probantes remarquablement faibles » (remarkably weak evidence).

Ce que l’étude n’a pas dit

L’étude n’a pas nié l’existence de la dysphorie de genre chez les jeunes ni le fait que ces derniers aient besoin de soins. Son message était que les soins devaient reposer sur des preuves solides et un diagnostic rigoureux, et que l’intervention médicale ne devait pas constituer la réponse standard à un groupe complexe et hétérogène. Cass a plaidé en faveur d’un modèle de prise en charge large et holistique, dans lequel le traitement médical ne constitue qu’une voie parmi d’autres, à envisager avec une grande prudence.

Sources relatives à cette partie


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