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Les revues systématiques de York
L'université de York a mené une série d'analyses documentaires systématiques dans le cadre du rapport Cass. Celles-ci ont passé au crible les données existantes et ont mis en évidence la fragilité des fondements sur lesquels reposaient ces traitements.
La conclusion du rapport Cass ne reposait pas sur une opinion, mais sur une série de revues systématiques de la littérature réalisées par l'université de York à la demande des auteurs du rapport. Ces revues ont été publiées en 2024 dans la revue scientifique *Archives of Disease in Childhood*. Elles constituent le fondement scientifique de l’ensemble du dossier.
En quoi consiste une revue systématique ?
Une revue systématique rassemble toutes les études publiées sur une question donnée et en évalue la qualité une à une. Pour ce faire, on utilise des outils standardisés, tels que des échelles d’évaluation qui permettent de déterminer si une étude comportait un groupe témoin, si les critères d’évaluation avaient été définis au préalable et quel est le niveau de risque de biais. Ce n’est qu’ensuite que l’on détermine si l’ensemble des résultats justifie un traitement. Il s’agit de la méthode la plus rigoureuse pour évaluer la force probante des données.
Ce qu’a constaté York
Les revues ont notamment porté sur les inhibiteurs de la puberté, les traitements hormonaux transgenres et les résultats psychosociaux chez les jeunes atteints de dysphorie de genre. La conclusion était systématiquement la même : la grande majorité des études présentait une faible qualité méthodologique. De nombreuses études ne comportaient pas de groupe témoin, ne suivaient les patients que sur une courte période, comptaient un nombre restreint de participants ou fournissaient des résultats susceptibles d’être biaisés. Seule une poignée d’études a atteint un niveau de qualité modéré ; pratiquement aucune n’a atteint un niveau de qualité élevé.
La critique méthodologique
Le cœur de la critique résidait dans le fait que la littérature existante ne parvenait pas à démontrer que les interventions médicales amélioraient réellement la santé et le bien-être des jeunes à long terme. Les études qui semblaient pourtant montrer un effet favorable étaient souvent conçues de telle manière que cet effet ne pouvait pas être attribué de manière fiable au traitement. À cela s’ajoutait le fait que de nombreuses recherches s’appuyaient sur un petit groupe d’études initiales, ce qui a entraîné la propagation des faiblesses de ces fondements à l’ensemble de la littérature.
La différence entre un niveau de preuve faible et un niveau de preuve élevé
Lorsque la force probante est faible, le risque réel est grand que des recherches ultérieures remettent en cause la conclusion. Or, pour les interventions irréversibles chez les mineurs, la charge de la preuve doit justement être élevée. L’étude de York a montré que ces deux aspects n’étaient pas cohérents : des traitements lourds étaient administrés sur la base de preuves qui, dans d’autres domaines de la pédiatrie, auraient été jugées trop faibles.
Réactions et réfutations
Ces revues ont suscité des critiques de la part d’une partie des praticiens et des associations de défense des intérêts, qui estimaient que les critères utilisés étaient trop stricts ou que la mise en place d’essais randomisés dans ce domaine posait des problèmes d’ordre éthique. Les chercheurs et l’étude ont maintenu le principe selon lequel l’absence de preuves concluantes n’équivaut pas à une preuve d’efficacité, et que la prudence doit primer, en particulier dans le cas d’interventions irréversibles.
Sources relatives à cette partie
- Taylor, J. et al. (2024). Revues systématiques sur les inhibiteurs de la puberté et les traitements hormonaux, Archives of Disease in Childhood.
- Cass, H. (2024). Examen indépendant des services liés à l’identité de genre destinés aux enfants et aux jeunes : rapport final.
→ Suivant : Le revirement international.
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