Amira · 30 ans

« Elle m'a vraiment mutilée. » — Amira et trois autres patients tiennent le VUmc responsable après des opérations faciales ratées

Quatre patients du VUmc (Amsterdam UMC) décrivent des séquelles permanentes après une chirurgie de féminisation faciale. Amira souffre, après trois opérations, de lésions nerveuses, d'asymétrie et de nécrose cutanée. Kim a un trou de 2,5 cm dans la base de son crâne. Estelle a une paupière tombante permanente. Amsterdam UMC a versé €35.000 à Amira sans reconnaître sa responsabilité.

Amira

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Ce récit est basé sur l'enquête Zembla du 21 février 2024 (BNNVARA), intitulée « Ze heeft me echt verminkt. » Les personnes concernées ont partagé leur témoignage publiquement dans l'émission. Amira, Kim, Estelle et Maarten sont désignés par leur prénom.


Amira a été victime d'abus sexuels de la part de son oncle, de l'âge de neuf à seize ans. Elle a grandi avec une profonde honte vis-à-vis de son corps et de sa féminité. La problématique de genre qui s'ensuivit était logiquement cohérente dans ce contexte — mais personne n'a établi ce lien. Son histoire n'est pas isolée : l'enquête Zembla a mis en lumière quatre patients qui ont subi des séquelles physiques permanentes après une chirurgie de féminisation du visage au VUmc (désormais Amsterdam UMC).

Trois opérations, séquelles permanentes

En 2016 et 2017, Amira a subi trois interventions de chirurgie de féminisation du visage au VUmc d'Amsterdam : une correction de la mâchoire, une augmentation des pommettes, un lifting du visage et des injections de filler. Après les interventions, la déception face au résultat ne fut pas la seule conséquence. Les dommages étaient médicalement démontrables :

  • Pommettes asymétriques
  • Tissu cicatriciel important le long de la ligne des cheveux, avec perte de cheveux
  • Fracture de la mâchoire lors de l'intervention
  • Lésion du nerf facial, avec engourdissement sur la moitié de son visage
  • Nécrose cutanée après le lifting du visage
  • Sept implants faciaux nécessaires pour la reconstruction

« Elle m'a vraiment mutilée. »

— Amira

Amira a fait plusieurs tentatives de suicide et est en grande partie confinée chez elle. L'hôpital lui a versé 35 000 €, mais elle réclame elle-même une indemnisation de plus de 200 000 €. Un procès concernant la responsabilité était prévu fin février 2024.

Kim : un trou dans la base du crâne

Kim a subi entre 2019 et 2021 une correction frontale, une opération de la mâchoire et du nez dans le même hôpital. Un défect de 2,5 centimètres s'est formé dans la base de son crâne, provoquant une fuite de liquide céphalo-rachidien. Elle en garde des problèmes de mâchoire et de sensibilité, une diminution de l'odorat et du goût, ainsi que des maux de tête persistants. L'Amsterdam UMC a déclaré que le défect n'était « pas imputable » aux interventions. Kim attend des opérations reconstructives, mais ne peut pas payer une expertise indépendante de 6 000 €.

Estelle et Maarten

Estelle, qui a subi une correction frontale et une opération des yeux, garde en séquelle une paupière tombante permanente (ptosis). Un expert n'a pas pu exclure la correction frontale comme cause. L'hôpital a refusé une expertise combinée des deux interventions.

Maarten — qui a ultérieurement détransitionné et se définit comme un homme homosexuel — a subi une opération des sourcils et du nez qu'il n'avait pas souhaitée. Il garde des troubles respiratoires dus à l'opération du nez, ainsi qu'une paralysie asymétrique des cordes vocales, qui a réduit son étendue vocale. Il a fait corriger l'opération du nez ailleurs. L'hôpital a consigné son avis critique sur les réseaux sociaux comme un « comportement préoccupant ».

« Faute sur faute »

Selon l'enquête, les dossiers médicaux ne contenaient aucune trace documentée de discussions sur les risques. Les patients décrivent des présentations PowerPoint sans explication sur les complications possibles, et plusieurs d'entre eux se sont sentis poussés à subir des interventions supplémentaires qui ne figuraient pas dans le plan initial. L'expert indépendant Berend van der Lei (UMCG) a parlé de « faute sur faute », a qualifié le lifting facial d'inapproprié et a critiqué la préparation insuffisante et la tenue des dossiers. Un chirurgien facial belge a décrit le travail comme « dangereusement agressif ».

Réaction de l'Amsterdam UMC

L'Amsterdam UMC a reconnu que l'information fournie « ne répondait pas entièrement aux normes professionnelles », mais a nié toute responsabilité dans tous les cas et a affirmé que la « grande majorité » des patients est satisfaite. L'avocat Johan Oosterhagen a souligné la contradiction : l'hôpital a versé à Amira 35 000 € en compensation pour « tous les préjudices causés par des soins médicaux négligents », tout en niant simultanément toute négligence.

Ces cas s'inscrivent dans un schéma plus large de regret de transition et d'irréversibilité des interventions médicales. Lisez davantage de témoignages de personnes qui ont cherché à revenir en arrière, ou consultez les chiffres concernant la détransition.


Sources :

  • Zembla (2024). Ze heeft me echt verminkt. BNNVARA, 21 février 2024. bnnvara.nl/zembla