Hormones transgenres
Études, témoignages et vidéos sur les traitements hormonaux transgenres à base de testostérone ou d'œstrogènes — fonctionnement, risques à long terme et effets durables.

Que sont les hormones de transition ?
Les hormones de transition (traitement hormonal d'affirmation de genre) sont des androgènes ou des œstrogènes à forte dose qui induisent les caractères sexuels secondaires du sexe opposé. Chez les femmes de naissance qui s’identifient comme des hommes : la testostérone. Chez les hommes de naissance qui s’identifient comme des femmes : l’œstradiol, presque toujours associé à un anti-androgène (acétate de cyprotérone, spironolactone ou agoniste de la GnRH). Ces hormones agissent sur des récepteurs présents dans tout l’organisme : la peau, la pilosité, le tissu adipeux, les os, le foie, les vaisseaux sanguins, le cerveau et les organes génitaux. L’organisme est ainsi amené à un état hormonal qui ne correspond pas au sexe de naissance et qu’il ne peut pas corriger de lui-même. Voir également « hormonothérapie ».
La testostérone chez les femmes de naissance
La testostérone déclenche une série de changements en l’espace de quelques semaines à quelques mois. Certains de ces changements sont réversibles tant que l’apport en hormone est réduit, d’autres sont permanents.
Permanentes
Aggravation de la voix (les cordes vocales s’épaississent et ne reviennent pas à leur état initial), pousse de la barbe et de la pilosité corporelle, hypertrophie du clitoris et calvitie androgénique du cuir chevelu selon un schéma masculin.
Partiellement réversibles
Passage à une répartition des graisses de type masculin, augmentation de la masse musculaire, acné et peau plus grasse. Ces effets s’atténuent généralement après l’arrêt du traitement, mais pas toujours complètement.
On observe par ailleurs une atrophie vaginale : la muqueuse s’amincit et s’assèche, ce qui peut entraîner des douleurs et une fragilité accrue. La testostérone épaissit le sang (polycythémie/érythrocytose), ce qui augmente le risque de formation de caillots, et peut avoir une influence défavorable sur le profil lipidique et, par conséquent, sur le risque cardiovasculaire. Une utilisation prolongée inhibe la fonction ovarienne et peut entraîner une infertilité permanente. De nombreux utilisateurs signalent des effets sur l’humeur : irritabilité, perte de patience ou, au contraire, un aplatissement des émotions.
L’estradiol et les anti-androgènes chez les hommes de naissance
L’œstradiol est presque toujours associé à un médicament qui inhibe l’action ou la production de testostérone. Les effets féminisants se manifestent plus lentement que les effets masculinisants de la testostérone.
Permanent
Développement mammaire : le tissu glandulaire qui se forme ne disparaît plus après l’arrêt du traitement. Son ablation ne peut se faire que par voie chirurgicale, par le biais d’une mastectomie. Le rétrécissement des testicules peut également être permanent.
Partiellement réversibles
Une peau plus douce, une redistribution des graisses vers les hanches et les fesses, une diminution de la masse musculaire et une réduction de la pilosité corporelle. Ces changements s’inversent en partie à l’arrêt du traitement.
L’œstradiol augmente le risque de thrombose (notamment en cas de prise par voie orale et chez les fumeurs), pouvant entraîner des conséquences graves telles qu’une embolie pulmonaire ou un accident vasculaire cérébral. La libido diminue presque toujours et les érections deviennent moins fréquentes, voire disparaissent. La prostate ne disparaît pas ; elle reste présente toute la vie et doit faire l’objet d’un suivi régulier. La production de spermatozoïdes s’arrêtant rapidement et potentiellement de manière définitive, la congélation du sperme (cryoconservation) avant le début du traitement est le seul moyen de préserver la possibilité d’avoir un enfant biologique.
Liste des effets irréversibles
Testostérone (chez les femmes) : l’approfondissement de la voix, la pousse de la barbe et la pilosité corporelle, la clitoromégalie et l’alopécie androgénique sont permanents.
Œstradiol (chez les hommes) : le développement des seins est irréversible sans mastectomie.
Fertilité : une utilisation prolongée peut entraîner une infertilité permanente ; en cas d’utilisation antérieure d’inhibiteurs de la puberté au début de la puberté, la stérilité est pratiquement certaine.
Densité osseuse
Les hormones sexuelles sont nécessaires à la formation et au maintien d’une ossature solide. Le risque le plus important survient lorsque des inhibiteurs de la puberté bloquent d’abord la puberté naturelle, puis sont suivis d’un traitement hormonal de l’autre sexe : la constitution naturelle de la masse osseuse maximale est alors interrompue au moment même où elle devrait être la plus intense. Les hormones du sexe opposé ne compensent pas toujours entièrement ce retard de développement, ce qui augmente le risque d’une densité osseuse plus faible et de fractures à un âge plus avancé.
Absence d’études à long terme
Il existe peu d’études fiables sur les conséquences d’une utilisation d’hormones pendant plusieurs décennies, commencée dès le plus jeune âge. La synthèse des données probantes du NICE (2021) a conclu que la force probante concernant les hormones du sexe opposé chez les mineurs est « très faible ». La revue Cass (2024) et les revues systématiques de York qui s’y rapportent ont confirmé la faible qualité des données concernant les effets à long terme. Sur cette base, la Suède, la Finlande et la Norvège ont réorienté la prescription d’hormones transgenres aux mineurs vers un cadre de recherche. Toute personne qui entame un traitement le fait donc sans que les risques à long terme aient été correctement évalués. Voir également la rubrique « mineurs ».
Suivi pendant le traitement
Une utilisation responsable des hormones nécessite un suivi médical régulier. Cela comprend notamment :
Analyses sanguines : les taux hormonaux sont contrôlés afin d’éviter tout surdosage ou sous-dosage.
Hématocrite : dans le cas de la testostérone, la proportion de globules rouges est surveillée en raison du risque de viscosité accrue du sang.
Fonction hépatique et lipides : contrôle périodique de la charge hépatique ainsi que des taux de cholestérol et de lipides.
Tension artérielle et tendance à la coagulation : notamment en cas de prise d’œstradiol, en raison du risque de thrombose.
Densité osseuse : mesure effectuée en cas de risque accru, par exemple après un traitement par inhibiteurs de la puberté.
Automédication et prescription en ligne
Les hormones sont également obtenues en dehors du système de santé conventionnel : via des prestataires en ligne tels que GenderGP ou par le biais de canaux d’importation parallèles. Les risques associés sont considérables. Les posologies ne sont pas surveillées par un médecin sur place, les analyses sanguines font défaut ou sont trop peu fréquentes, et les effets indésirables, tels qu’un hématocrite trop élevé ou une tendance accrue à la coagulation, passent inaperçus jusqu’à ce que des dommages surviennent. En l’absence d’accompagnement, il n’existe aucun filet de sécurité lorsqu’une personne a des doutes ou souhaite arrêter. Si vous avez des doutes à ce sujet ou si vous êtes déjà engagé dans ce processus, vous trouverez des ressources dans la rubrique « Aide ».
Arrêt et sevrage
Les traitements hormonaux transgenres ne doivent jamais être interrompus brusquement. Le corps s’est adapté aux taux administrés et la production hormonale endogène s’est largement, voire totalement, arrêtée. Un arrêt soudain peut entraîner des symptômes graves. Le sevrage doit se faire sous la supervision d’un endocrinologue, par étapes, afin de permettre au corps de reprendre progressivement sa propre production. Cette récupération peut prendre beaucoup de temps et n’est pas toujours complète : la production hormonale endogène ne revient parfois que partiellement. Les modifications physiques irréversibles survenues pendant la prise de ces traitements persistent quoi qu’il arrive.
Pour en savoir plus sur ce site
Ailleurs sur le réseau
puberteitsremmers.nl — sur l’étape préliminaire qui rend le traitement hormonal pratiquement inévitable.
transitieschade.nl — sur les conséquences physiques durables de l'utilisation d'hormones.
genderzorgen.nl — les préoccupations concernant les pratiques de prescription d’hormones transgenres.
dutchprotocol.nl — le cadre dans lequel les traitements hormonaux sont prescrits aux mineurs.
Sources
NICE (2021). Analyse des données probantes : Hormones d’affirmation de genre pour les enfants et les adolescents atteints de dysphorie de genre. nice.org.uk
Cass, H. (2024). Examen indépendant — Rapport final. NHS England. cass.independent-review.uk
Université de York (2024). Revues systématiques des interventions hormonales d’affirmation de genre. Archives of Disease in Childhood.
Socialstyrelsen (2022). Prise en charge des enfants et des adolescents présentant une dysphorie de genre. Stockholm.
Transregret