Helena Kerschner · 24 ans

Sur Tumblr j'ai appris : si tu hais ton corps, tu es probablement trans

Adolescente, Helena luttait contre la dépression, les troubles alimentaires et l'automutilation. Sur Tumblr, elle a appris qu'elle était probablement trans. À 18 ans, elle s'est rendue chez Planned Parenthood et en est repartie avec de la testostérone. Je pensais que si j'étais un garçon, la confiance en soi viendrait naturellement.

Helena Kerschner

Vous doutez, vous avez des regrets, des séquelles ou vous êtes en détransition ?

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Cette histoire s’appuie sur les témoignages publics d’Helena Kerschner, publiés lors de conférences, dans des podcasts, devant une commission législative du Kentucky et dans des documentaires. Elle compte parmi les premières personnes à avoir associé le concept de « dysphorie de genre à apparition rapide » à son expérience personnelle.


J’avais treize ans et j’étais perdue. Dépression, automutilation, troubles alimentaires. J’avais perdu le contact avec mes amis de l’école. Je séchais les cours et me cachais dans les toilettes pendant la pause déjeuner. Je ne trouvais ma place nulle part.

À quinze ans, j’ai découvert Tumblr. Et sur Tumblr, j’ai trouvé une explication.

Le message de Tumblr

Le message était simple et convaincant : si vous détestez votre corps, si vous ne vous sentez pas à l’aise en tant que fille, si vous vous sentez différente des autres, alors vous êtes probablement non binaire. Ou transgenre. Il y avait un nom pour ce que je ressentais, et une communauté qui m’accueillait à bras ouverts.

À quinze ans, je me suis définie comme non binaire. À dix-huit ans, je me suis identifiée comme homme trans.

Planned Parenthood : moins d’une heure

Peu après mon dix-huitième anniversaire, j’ai pris rendez-vous chez Planned Parenthood. J’ai quitté l’établissement avec une ordonnance de testostérone — prescrite par une infirmière, sans même avoir parlé à un médecin. La dose était quatre fois supérieure à la dose initiale habituelle.

Temps passé en consultation : moins d’une heure.

Personne ne m’a posé de questions sur ma dépression. Personne ne m’a interrogée sur mes troubles alimentaires. Personne ne m’a demandé si j’étais certaine que c’était la bonne décision.

Quelque chose clochait

Peu après avoir commencé la testostérone, j’ai remarqué que je devenais ingérable. Je n’arrivais plus à me contrôler. Ce n’était pas ce à quoi je m’attendais.

« Je pensais qu’une fois devenue un garçon, j’aurais naturellement confiance en moi. Mais je ne fonctionnais plus normalement. »

Elle imaginait subir une mastectomie — d’autres personnes trans lui disaient qu’elle se sentirait mieux après l’opération. Mais au fond d’elle, quelque chose clochait. Elle a arrêté la testostérone.

Le brouillard s’est dissipé

Un jour, elle a eu un moment de lucidité.

« J’ai soudain réalisé à quel point je regrettais tout cela. Que je m’étais trompée. Que je n’étais pas trans. Et c’était comme si le brouillard se dissipait — et que je redevenais immédiatement moi-même. Que je redevenais tout de suite une personne normale. »

Helena Kerschner n’a pas subi de mastectomie. Elle a retrouvé son corps — intact ou non. Mais elle parle au nom des filles qui suivent le même chemin qu’elle et qui ne s’arrêtent pas à temps.

Dysphorie de genre à apparition rapide

Helena est l’une des premières à avoir mis sa propre histoire en relation avec le concept de dysphorie de genre à apparition rapide (ROGD) : une dysphorie de genre qui apparaît soudainement chez les adolescents, alimentée par les communautés en ligne et les environnements sociaux, et qui est souvent liée à des problèmes psychiques sous-jacents qui ne sont pas pris en charge.


Sources :