Helena Kerschner · 27 ans
« Je ne suis pas née un homme dans un corps de femme. J'étais une fille abîmée qui a rejoint un groupe qui lui a dit que sa douleur était une identité. » — Helena Kerschner
Helena Kerschner s'est identifiée, via des communautés en ligne, comme non binaire puis comme transmasculine. Après sa détransition, elle écrit sur la façon dont des jeunes fragilisés sont convaincus, via les réseaux sociaux, que leur douleur est une identité de genre. Elle collabore avec la chercheuse ROGD Lisa Littman.
Vous doutez, vous avez des regrets, des séquelles ou vous êtes en détransition ?
Contactez-nous en toute confidentialitéCette histoire est basée sur les écrits publics de Helena Kerschner sur Substack et sa collaboration avec la Gender Exploratory Therapy Association (GETA) et la chercheuse Lisa Littman. Helena Kerschner s'exprime ouvertement sous son propre nom.
Helena Kerschner a grandi à Cincinnati, dans l'Ohio. À quinze ans, elle est entrée en contact avec l'idéologie de genre via Tumblr. Elle luttait contre la dépression, l'anxiété, l'isolement et un trouble alimentaire — et dans la communauté trans en ligne, elle a trouvé un récit qui expliquait tout : elle n'était pas vraiment une fille. Elle était non binaire. Plus tard : transmasculine.
Le récit qui sonnait comme une réponse
Helena décrit comment le mécanisme fonctionnait. Les communautés trans en ligne offrent une explication toute faite à la souffrance psychique. Dépression, anxiété, sentiment d'aliénation, difficultés sociales, traumatisme — tout s'inscrit dans le cadre du « tu es né(e) dans le mauvais corps ». Et la solution est claire : la transition.
« Je ne suis pas née un homme dans un corps de femme. J'étais une fille abîmée qui a rejoint un groupe qui lui a dit que sa douleur était une identité. »
— Helena Kerschner
Ce qui rend ce récit séduisant, écrit Helena, c'est précisément qu'il est si complet. Il explique tout. Il offre une communauté aux personnes qui se sentent exclues. Il donne un objectif : la transition comme salut. Et il étiquette le doute comme une trahison — quiconque interroge le récit de la transition est transphobe.
Planned Parenthood le jour de ses dix-huit ans
Le jour de ses dix-huit ans — en août 2016 — Helena a roulé de l'Ohio jusqu'à Chicago pour aller chercher une ordonnance de testostérone chez Planned Parenthood. Elle a reçu 100 mg de testostérone par semaine. Aucune évaluation psychiatrique. Aucun examen de sa dépression, de son trouble alimentaire ou de son isolement. Elle a déclaré qu'elle comprenait — et le médecin a prescrit.
Dix-huit mois plus tard, en 2018, Helena a arrêté la testostérone et a détransitionné. Elle n'a gardé aucun effet physique permanent.
Détransition et écriture
Après sa détransition, elle a commencé à écrire sur le mécanisme qui l'avait piégée — et qu'elle reconnaissait chez d'autres. Elle est active sur Substack, où elle publie des analyses détaillées sur la façon dont les communautés en ligne construisent l'identité de genre chez les jeunes vulnérables.
Elle collabore avec la Dre Lisa Littman, la chercheuse qui a introduit le concept de Rapid Onset Gender Dysphoria (ROGD). Littman a documenté comment la dysphorie de genre apparaissait parfois par grappes au sein de groupes d'amis et via des communautés en ligne — un schéma qui ne correspond pas à l'image traditionnelle d'une identité transgenre innée et stable.
Ce que l'histoire d'Helena apporte
Helena Kerschner décrit le mécanisme de l'intérieur — non pas comme un parent qui l'observe de l'extérieur (comme les parents de l'étude de Littman), mais comme quelqu'un qui est passé par la machine elle-même. Elle peut le décrire de l'intérieur : comment le langage fonctionne, comment la communauté opère, comment le doute est étouffé.
Son analyse rejoint les schémas qui reviennent dans d'autres histoires de cette plateforme. Maia Poet s'est identifiée comme transgenre dès l'âge de douze ans via des communautés en ligne. Abel Garcia a vu une vidéo YouTube à treize ans et a ensuite commencé à se percevoir comme une femme. Cristina Hineman était entourée d'amis trans à l'école avant de transitionner.
Le schéma est cohérent : les communautés en ligne et l'environnement social jouent un rôle majeur dans la formation de l'identité transgenre chez une part significative des personnes qui détransitionnent par la suite. La contribution d'Helena est de nommer, d'analyser et de rendre public ce mécanisme — à partir de sa propre expérience.
Pas de haine de soi, mais de la critique
Helena est claire sur ce qui motive son écriture : ce n'est ni de la haine de soi, ni un sentiment anti-trans, ni un agenda politique. C'est le besoin de comprendre ce qui lui est arrivé — et d'empêcher que cela n'arrive à d'autres.
Elle distingue les personnes présentant une dysphorie de genre persistante et à apparition précoce — pour qui un traitement médical peut avoir du sens — de la nouvelle population de filles adolescentes qui ont développé une identité transgenre via des communautés en ligne, sans qu'aucun examen n'ait été mené sur ce qui se passait réellement.
Sources :
- Helena Kerschner — Substack. lacroicsz.substack.com
- Gender Exploratory Therapy Association (GETA). Helena Kerschner, collaboratrice et autrice. genderexploratory.com
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