1 janvier 2024
Le deuil après la détransition : le processus psychologique
Les détransitionneurs décrivent leur processus de guérison comme un deuil multiple : celui du corps transformé de façon permanente, celui des années perdues, celui des relations abîmées, et parfois celui de l'identité trans qu'ils ont dû abandonner. Ce processus de deuil présente des caractéristiques spécifiques qui ne sont pas toujours reconnues par les thérapeutes classiques sans expérience des soins de genre.

Vous doutez, vous avez des regrets, des séquelles ou vous êtes en détransition ?
Contactez-nous en toute confidentialitéLorsqu'une personne ressent la douleur de la détransition et décide de détransitionner, un processus de guérison complexe commence. Au cœur de celui-ci se trouve une forme de deuil qui n'est pas toujours reconnue — même par des thérapeutes bien intentionnés.
Le deuil multiple lors de la détransition
Les détransitionneurs décrivent typiquement un deuil portant sur plusieurs « pertes » à la fois :
1. Le deuil du corps
Les transformations corporelles irréversibles — changement de voix permanent, pilosité faciale, seins retirés, traits du visage modifiés — sont définitives. Le corps ne sera plus jamais comme avant le traitement. Cette perte est concrète et visible au quotidien.
2. Le deuil du temps perdu
Des années vécues sous une autre présentation de genre, des relations rompues ou jamais nouées, des choix de vie reportés — autant de pertes moins visibles mais tout aussi réelles.
3. Le deuil de l'identité trans
Paradoxalement, certains détransitionneurs font aussi le deuil de l'identité trans elle-même : un sentiment de communauté, un cadre de compréhension de soi, des amitiés au sein de la communauté trans. Abandonner cela est douloureux.
4. Le deuil de la vie « normale » qui n'a pas eu lieu
Les adolescents ayant commencé leur transition tôt manquent parfois le développement pubertaire « normal » — des expériences qui ne peuvent être rattrapées.
Facteurs compliquant le processus de deuil
Le processus de deuil est compliqué par le fait que :
- L'entourage ne reconnaît pas toujours ce deuil (« Tu as choisi toi-même »)
- Des amis de la communauté trans rompent parfois le contact après la détransition
- Les thérapeutes ne sont pas suffisamment familiarisés avec la dynamique spécifique du deuil de détransition
- Cela s'accompagne de honte et d'autoreproche
Soutien thérapeutique
Des thérapeutes spécialisés, comme ceux liés à des organisations telles que SEGM, Genspect ou Pitt, soulignent l'importance de reconnaître ce processus de deuil sans jugement — et de distinguer le deuil de la décision elle-même du deuil des circonstances qui y ont conduit.
Voir aussi : la guérison médicale après détransition et la découverte identitaire après transition.
Sources :
- Pitt — entretiens avec des détransitionneurs (Substack)
- Society for Evidence-Based Gender Medicine (SEGM)
- Littman, L. (2021). Individuals treated for gender dysphoria with medical and/or surgical transition who subsequently detransitioned. Archives of Sexual Behavior.
- Guérison médicale après détransition. Transspijt.nl.
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