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1 janvier 2024

Persistance ou désistance ? Les signes qui orientent le parcours d'un enfant

Les recherches sur la désistance montrent que 65 à 85 % des enfants présentant une dysphorie de genre pré-pubertaire acceptent leur sexe de naissance à l'âge adulte. La persistance est plus souvent associée à une dysphorie intense portant spécifiquement sur le sexe biologique (dysphorie anatomique), à une identification cross-genre précoce et constante, et à l'absence d'autres comorbidités psychiatriques. Les cliniciens tentent de distinguer la persistance de la désistance — mais cet exercice est difficile et cliniquement complexe.

Persistance ou désistance ? Les signes qui orientent le parcours d'un enfant

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L'une des questions les plus pertinentes sur le plan clinique concernant les enfants souffrant de dysphorie de genre est la suivante : cet enfant continuera-t-il à ressentir la dysphorie à l'adolescence et à l'âge adulte (persistance), ou acceptera-t-il son sexe de naissance en tant qu'adulte (désistance) ? Cette question est cruciale pour les décisions de traitement — notamment en matière de médicalisation.

Ce que dit la recherche sur la persistance

Des études menées par des chercheurs tels que Kenneth Zucker, Devita Singh et Thomas Steensma ont identifié des facteurs associés à la persistance de la dysphorie de genre jusqu'à l'adolescence et l'âge adulte :

  • Dysphorie anatomique marquée : des enfants rapportant un inconfort spécifique concernant leurs caractères sexuels primaires (pas seulement les rôles de genre, mais le sexe biologique lui-même)
  • Identification précoce et constante : des enfants qui, dès leur plus jeune âge, s'identifient de façon constante à l'autre sexe — non seulement sur le plan comportemental, mais aussi identitaire
  • QI plus élevé et meilleure adaptation sociale : associés à la persistance dans certaines études
  • Absence d'autres comorbidités psychiatriques comme moteur principal : bien que la comorbidité soit également présente dans les cas de persistance

Réserves sur ces signaux

Aucun de ces facteurs n'est un prédicteur fiable. La science sur ce point est limitée, les études présentent des limites méthodologiques, et la population actuelle d'enfants qui se présentent dans les cliniques de genre est démographiquement différente des cohortes sur lesquelles reposent les études sur la désistance.

Implications cliniques

Les cliniciens qui tentent de distinguer la persistance de la désistance se trouvent sur un terrain clinique difficile. Une médicalisation précoce fondée sur une présentation présumée persistante exclut la désistance — et crée des conséquences irréversibles. L'attente — le watchful waiting — laisse davantage de place à l'évolution naturelle, mais peut, en cas de persistance réelle, entraîner un retard inutile du traitement.

Voir aussi : les recherches sur la désistance et le watchful waiting.


Sources :