18 avril 2026
Étude finlandaise : les troubles psychiatriques augmentent après la transition de genre
Une étude nationale de registre finlandaise portant sur 2 083 adolescents ayant sollicité des soins liés à l'identité de genre (1996-2019) montre que leur morbidité psychiatrique était plus de trois fois supérieure à celle de témoins appariés — et a encore augmenté après la transition médicale.

Vous doutez, vous avez des regrets, des séquelles ou vous êtes en détransition ?
Contactez-nous en toute confidentialitéUne vaste étude finlandaise de registre, publiée en avril 2026 dans la revue Acta Paediatrica, met au jour l'ampleur de la morbidité psychiatrique chez les adolescents ayant sollicité des soins liés à l'identité de genre. L'étude suit 2 083 jeunes de moins de 23 ans ayant fréquenté, entre 1996 et 2019, l'une des deux cliniques spécialisées de genre finlandaises, et les compare à 16 643 pairs appariés issus de la population générale.
Des troubles psychiatriques déjà présents avant l'orientation liée au genre
Plus de 45 % des jeunes orientés vers une clinique de genre avaient déjà eu besoin, auparavant, d'un traitement psychiatrique spécialisé — contre 15 % des témoins. Cette différence existait déjà largement avant même qu'il ne soit question d'une quelconque transition.
Après l'orientation, le besoin de traitement psychiatrique a encore augmenté. Deux ans ou plus après le premier rendez-vous à la clinique de genre, 61,7 % des jeunes orientés avaient reçu des soins psychiatriques spécialisés, contre 14,6 % des témoins. L'intensité des soins différait également fortement : 27,6 % des jeunes orientés avaient eu plus de cent contacts avec des soins psychiatriques spécialisés, contre seulement 4,3 % des témoins.
Cohortes plus récentes : davantage de troubles psychiques
Les chercheurs ont aussi comparé deux périodes : ceux orientés avant 2010 et ceux orientés après 2011 — l'année où les orientations ont été multipliées par dix. Dans la cohorte plus récente (2011-2019), près de la moitié avait déjà reçu un traitement psychiatrique avant leur visite à la clinique de genre (47,9 %), contre 23,7 % dans la cohorte antérieure. Une hausse comparable ne s'est pas produite dans le groupe témoin, ce qui indique qu'un nombre croissant d'adolescents présentant une problématique psychiatrique sévère sont orientés vers les cliniques de genre.
Après la transition médicale : une augmentation spectaculaire
Le résultat le plus frappant concerne les jeunes ayant effectivement subi une transition médicale de genre. Avant la transition, ils avaient précisément eu besoin de moins de traitement psychiatrique que les autres jeunes orientés — peut-être parce qu'une morbidité psychiatrique sévère constitue une contre-indication à l'intervention médicale. Après la transition, ce tableau s'est radicalement inversé :
- Pour la transition féminisante (de sexe biologique masculin vers femme), le besoin de traitement psychiatrique est passé de 9,8 % à 60,7 %.
- Pour la transition masculinisante (de sexe biologique féminin vers homme), il est passé de 21,6 % à 54,5 %.
Chez les jeunes n'ayant pas subi de transition médicale et chez les témoins, les changements observés pendant la période de suivi étaient minimes.
Risque accru après ajustement pour les antécédents
Dans les analyses multivariées, les chercheurs ont ajusté pour le traitement psychiatrique antérieur, l'année de naissance et l'année d'indexation. Après cet ajustement, le risque de morbidité psychiatrique restait comparablement élevé pour tous les jeunes orientés, qu'ils aient subi une transition ou non. Par rapport à leurs pairs masculins, ils présentaient un risque 4,7 à 6,1 fois plus élevé ; par rapport à leurs pairs féminins, un risque 3 à 3,7 fois plus élevé.
Conclusions des chercheurs
Les auteurs — affiliés aux universités de Tampere et d'Helsinki — sont clairs : les besoins psychiatriques ne diminuent pas après la transition médicale de genre. Chez certains adolescents, les interventions semblent même associées à une détérioration de la santé mentale. Les chercheurs soulignent que les troubles psychiques nécessitent leur propre traitement adapté, indépendamment de l'identité de genre du jeune, et que des interventions médicales irréversibles ne devraient pas être entamées sans une évaluation et un traitement psychiatriques approfondis.
L'augmentation frappante de la morbidité psychiatrique dans les cohortes plus récentes amène les auteurs à supposer que, chez une partie des jeunes, des difficultés psychiques se manifestent sous forme de préoccupations liées à l'identité de genre — et non l'inverse.
Points forts de l'étude
L'étude se distingue par son ampleur et sa conception. La Finlande dispose d'un registre national centralisé des soins avec déclaration obligatoire, si bien qu'il n'y a aucune perte de données pendant le suivi. La période de suivi était en moyenne de 5,5 ans, avec un maximum de 25 ans. Pour chaque jeune orienté, quatre témoins masculins et quatre témoins féminins ont été appariés selon l'année de naissance et la commune. C'est l'une des rares études dans ce domaine à disposer d'un groupe témoin large et représentatif.
Source
- Ruuska SM, Tuisku K, Holttinen T, Kaltiala R. Psychiatric morbidity among adolescents and young adults referred to specialised gender identity services in Finland in 1996–2019: a register study. Acta Paediatrica, 2026. DOI: 10.1111/apa.70533
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