7 mars 2026
L'œstrogène chez les filles souffrant de dysphorie de genre
Les filles qui se sentent mal à l'aise dans leur corps féminin se voient souvent proposer directement de la testostérone. Mais que se passe-t-il si leur corps produit trop peu d'œstrogène ? L'affirmation de genre ne doit pas forcément signifier : passer de l'autre côté.

Vous doutez, vous avez des regrets, des séquelles ou vous êtes en détransition ?
Contactez-nous en toute confidentialitéLe raisonnement est symétrique : s'il est logique, pour les garçons, d'examiner d'abord si une carence en testostérone contribue à la dysphorie de genre, la même logique s'applique aux filles et à l'œstrogène. Pourtant, même chez les filles qui se présentent dans les cliniques de genre, le statut hormonal de leur propre sexe est rarement examiné de manière systématique.
Que fait l'œstrogène dans le corps féminin ?
L'œstrogène est la principale hormone sexuelle féminine et pilote le développement des caractéristiques corporelles féminines : poitrine, largeur des hanches, texture de la peau, répartition des graisses et cycle menstruel. Chez les filles qui produisent trop peu d'œstrogène pendant la puberté, ce développement se déroule de façon retardée ou incomplète.
Une fille présentant un taux d'œstrogène sous-optimal peut développer une poitrine plus plate, des contours corporels moins marqués sur le plan féminin, des règles irrégulières ou absentes, et une peau qui paraît moins typiquement féminine. Ce sont précisément les caractéristiques que les filles souffrant de dysphorie de genre citent souvent comme source de leur malaise.
Causes d'une carence en œstrogène chez les filles
Un taux d'œstrogène trop bas chez les filles peut avoir plusieurs causes :
- Insuffisance ovarienne primaire : les ovaires produisent des hormones en quantité insuffisante, parfois pour des raisons génétiques (comme le syndrome de Turner)
- Aménorrhée hypothalamique : le stress, l'insuffisance pondérale ou une pratique sportive intensive supprime le cycle hormonal depuis le cerveau
- SOPK : dans le syndrome des ovaires polykystiques, l'équilibre hormonal est perturbé
- Troubles thyroïdiens : une thyroïde qui fonctionne au ralenti affecte la production d'hormones sexuelles
- Stress chronique et manque de sommeil : supprime l'ensemble de l'axe hormonal
Le paradoxe de la testostérone en cas de carence en œstrogène
Lorsqu'une fille présentant un faible taux d'œstrogène reçoit de la testostérone — le traitement standard pour les filles souhaitant transitionner vers l'identité masculine — la testostérone supprime encore davantage la production résiduelle d'œstrogène. La base hormonale du corps féminin est activement démantelée, alors que le problème initial n'a jamais été traité.
SOPK et dysphorie de genre
Des recherches ont mis en évidence une prévalence étonnamment élevée du SOPK chez les filles qui se présentent dans les cliniques de genre. Le SOPK s'accompagne d'un taux de testostérone élevé, de règles irrégulières, d'acné et parfois de caractéristiques corporelles plus androgynes. Pourtant, dans la plupart des cliniques de genre, le SOPK n'est pas recherché systématiquement comme facteur contributif potentiel.
Ce que la pratique clinique devrait faire
Avant de prescrire de la testostérone à une fille souffrant de dysphorie de genre, chaque clinique devrait au minimum mesurer et évaluer les éléments suivants :
- Profil hormonal complet : œstradiol, FSH, LH, testostérone, SHBG, DHEA-S, prolactine
- Fonction thyroïdienne (TSH, T4 libre)
- Échographie des ovaires pour exclure le SOPK
- Évaluation du poids, des habitudes alimentaires et du niveau de stress en tant que facteurs hormonaux
- En cas de carence : traitement et évaluation de l'effet sur la dysphorie après six à douze mois
Sources :
- Baba T et al. (2007). Association between polycystic ovary syndrome and female-to-male transsexuality. Human Reproduction. pubmed.ncbi.nlm.nih.gov
- Cass H. (2024). Independent Review of Gender Identity Services for Children and Young People. cass.independent-review.uk
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