31 juillet 2026
Étude finlandaise à long terme : les troubles psychiatriques augmentent après la transition de genre chez les jeunes
Une étude de registre finlandaise portant sur la période 1996–2019 révèle que les troubles psychiatriques chez les jeunes orientés vers une clinique de genre ont augmenté de façon significative après leur prise en charge, et non diminué. Chez les garçons biologiques ayant reçu un traitement féminisant, la proportion avec un contact psychiatrique spécialisé est passée de 9,8 % à 60,7 %. L'étude remet en question l'affirmation selon laquelle les soins d'affirmation de genre améliorent la santé mentale des jeunes.

Vous doutez, vous avez des regrets, des séquelles ou vous êtes en détransition ?
Contactez-nous en toute confidentialitéUne vaste étude de registre finlandaise, publiée le 31 juillet 2026 dans la revue Acta Paediatrica, démontre que la morbidité psychiatrique chez les adolescents et jeunes adultes ayant eu recours à un service spécialisé en identité de genre n'a pas diminué après cette orientation, mais a au contraire augmenté de manière significative. L'étude est signée par Sini-Maaria Ruuska et la professeure Riittakerttu Kaltiala de l'Université de Tampere (Finlande). Elle couvre une période de 23 ans (1996–2019) et exploite les données des registres nationaux finlandais.
Méthodologie de l'étude
Les chercheurs ont analysé les données de 2 083 jeunes orientés avant l'âge de vingt-trois ans vers l'une des deux cliniques nationales finlandaises spécialisées en identité de genre, et les ont comparés à 16 643 témoins de la population générale appariés selon l'âge et le sexe biologique. L'indicateur retenu pour mesurer la morbidité psychiatrique sévère était le contact avec un spécialiste en psychiatrie : hospitalisation ou consultation ambulatoire auprès d'un psychiatre ou d'un service psychiatrique. Au total, 38 % des jeunes orientés ont effectivement reçu un traitement médical de transition ; les 62 % restants ont été adressés à la clinique sans recevoir d'intervention hormonale ou chirurgicale.
Les troubles psychiatriques ont augmenté, et non diminué
Les résultats sont saisissants. Avant l'orientation, 45,7 % des jeunes adressés à la clinique de genre avaient déjà eu un contact avec un spécialiste en psychiatrie, contre 15,0 % dans le groupe témoin. Cet écart s'est creusé après l'orientation : au moins deux ans après le premier contact avec la clinique de genre, la proportion dans le groupe genre était montée à 61,7 %, tandis qu'elle restait quasi stable dans le groupe témoin, à 14,6 %.
Ventilés par groupe de traitement et par sexe biologique, les résultats sont encore plus frappants :
- Chez les garçons biologiques ayant reçu un traitement féminisant, la proportion ayant eu un contact psychiatrique spécialisé est passée de 9,8 % à 60,7 %.
- Chez les filles biologiques ayant reçu un traitement masculinisant, elle est passée de 21,6 % à 54,5 %.
Les auteurs concluent que les troubles psychiatriques sévères sont fréquents dans cette population, qu'ils ne sont pas principalement causés par la dysphorie de genre elle-même, et qu'ils ne diminuent pas après la transition médicale. Dans une partie des cas, la transition médicale semble même associée à une dégradation de la santé mentale.
La Finlande avait déjà revu sa politique avant cette étude
La Finlande avait révisé ses recommandations en matière de soins de genre pour les mineurs dès 2020, après qu'une revue systématique interne eut conclu que les preuves de l'efficacité des bloqueurs de puberté et des hormones sexuelles chez les jeunes étaient faibles et incertaines. Depuis lors, les soins médicaux de genre pour les mineurs sont réservés aux cas graves et persistants de dysphorie de genre, la prise en charge des comorbidités psychiatriques étant prioritaire. L'étude porte précisément sur la période antérieure à ce changement de politique et en offre rétrospectivement une justification empirique. Il s'agit là d'une politique propre à la Finlande ; en Belgique, aucune restriction formelle comparable n'a encore été introduite.
Les résultats finlandais s'inscrivent dans la continuité des conclusions du Cass Review britannique (2024), une expertise indépendante commandée par le NHS (service national de santé du Royaume-Uni), qui a également constaté l'absence de preuves robustes que la transition médicale améliore structurellement la santé mentale des jeunes. Les autorités sanitaires suédoises et norvégiennes sont parvenues à des conclusions similaires après des revues systématiques comparables, et ont restreint les soins médicaux de genre pour les mineurs en conséquence.
Débat scientifique
La publication a immédiatement suscité des réactions dans la même revue. Plusieurs équipes de recherche ont publié des letters of concern, portant notamment sur la définition de la morbidité psychiatrique comme contact avec un spécialiste. Les critiques ont fait valoir que cet indicateur ne distingue pas les troubles légers des troubles sévères, et que le terme « morbidité » dans le titre serait donc trompeur. Ruuska et Kaltiala ont répondu de manière détaillée à chacune de ces critiques et maintenu leurs conclusions.
Des critiques ont également souligné que la population étudiée sur la période 1996–2019 diffère sensiblement des patients qui fréquentent aujourd'hui les cliniques de genre. Là où les garçons biologiques constituaient autrefois la majorité, ce sont désormais majoritairement des filles biologiques qui s'identifient comme transgenres ou non binaires à l'adolescence — une évolution bien documentée aux Pays-Bas et également observée en Belgique. Malgré ces réserves, l'étude demeure la plus vaste étude de registre à long terme actuellement disponible sur les résultats psychiatriques après un contact avec une clinique de genre.
Pour les décideurs politiques et les cliniciens appelés à déterminer si la transition médicale de genre soulage la détresse psychique des jeunes, les données finlandaises n'étayent pas le récit clinique dominant. Au contraire : elles posent la question de savoir si la voie de la médicalisation est appropriée pour des jeunes présentant des comorbidités psychiatriques complexes.
Source :
- transspijt.nl. "Fins langetermijnonderzoek: psychiatrische problemen nemen toe na gendertransitie bij jongeren". transspijt.nl
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