1 janvier 2023
La désistance : la plupart des enfants souffrant de dysphorie de genre s'arrêtent d'eux-mêmes
Plusieurs études longitudinales, dont celles de la clinique de Toronto (Zucker et ses collègues), montrent que 65 à 90 % des enfants souffrant de dysphorie de genre avant la puberté acceptent, à l'âge adulte, leur sexe de naissance. Ce phénomène est appelé « désistance ». L'implication est majeure : une intervention médicale précoce dans l'enfance peut fermer la voie de la désistance pour des enfants qui, au bout du compte, n'auraient pas eu d'identité transgenre à l'âge adulte.

Vous doutez, vous avez des regrets, des séquelles ou vous êtes en détransition ?
Contactez-nous en toute confidentialitéL'une des conclusions les plus controversées de la littérature sur les soins de genre est le phénomène de la désistance : la plupart des enfants qui rapportent une dysphorie de genre avant la puberté acceptent, à l'âge adulte, leur sexe de naissance. Ce schéma est documenté dans plusieurs études longitudinales — avec des implications majeures pour la question de savoir à quel moment un traitement médical doit commencer.
Ce que disent les études
Des études longitudinales menées à Toronto (Zucker et al.), à Amsterdam (Wallien & Cohen-Kettenis) et dans d'autres centres rapportent des taux de désistance de 65 à 90 % :
- Wallien & Cohen-Kettenis (2008) : 73 % de désistance chez 77 enfants suivis jusqu'à l'âge adulte.
- Singh (2012, Toronto) : 88 % de désistance chez 139 garçons biologiques.
- Steensma et al. (2013, Amsterdam) : 63 % de désistance chez 127 adolescents.
Une constatation frappante : la plupart des « désisteurs » s'identifiaient à l'âge adulte comme homosexuels ou bisexuels. Pour beaucoup, la dysphorie de genre durant l'enfance s'est révélée être une expression d'une orientation non hétérosexuelle, et non d'une identité transgenre.
La critique méthodologique
Les critiques estiment que les études sur la désistance décrivent une population dépassée : des enfants qui se sont rendus en clinique avant l'actuelle approche d'« affirmation de genre ». Ils font valoir que les enfants qui se rendent aujourd'hui en clinique constituent un groupe différent. C'est un point méthodologique légitime.
Mais cela ne change rien à la question centrale : si une majorité significative des enfants présentant une dysphorie de genre précoce désiste à l'âge adulte, à quel moment une intervention médicale est-elle justifiée ?
Implications pour la politique de soins de genre
La littérature sur la désistance a des implications directes pour les politiques :
- Si les bloqueurs de puberté empêchent le passage à la puberté, ils ferment aussi la voie de la désistance — car la puberté est souvent, chez les désisteurs, le moment où leur identité de genre se stabilise avec leur sexe de naissance.
- Une médicalisation précoce peut donc priver un enfant de la possibilité de développer lui-même son identité de genre sans intervention.
C'est l'un des arguments centraux de la Cass Review en faveur de la prudence face à la médicalisation précoce. Voir aussi : Ken Zucker et la clinique de Toronto.
Sources :
- Wallien & Cohen-Kettenis (2008). Psychosexual outcome of gender-dysphoric children. Journal of the American Academy of Child & Adolescent Psychiatry.
- Steensma et al. (2013). Factors associated with desistence and persistence of childhood gender dysphoria. JAACAP.
- Conclusions de la Cass Review. Transspijt.nl.
- Ken Zucker et la clinique de Toronto. Transspijt.nl.
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