1 janvier 2026
Beyond Regret : une vaste étude sur 957 détransitionneurs révèle quatre profils (2026)
Une étude de Kinnon MacKinnon et de ses collègues (publiée en janvier 2026) a analysé 957 personnes ayant détransitionné. Les chercheurs ont identifié quatre profils clairement distincts : regret profond, absence de regret, souhait de détransitionner mais incapacité à le faire, et transition interrompue avec maintien de l'identité trans. L'étude plaide pour des pratiques cliniques plus nuancées tenant compte de cette diversité.

Vous doutez, vous avez des regrets, des séquelles ou vous êtes en détransition ?
Contactez-nous en toute confidentialitéEn janvier 2026, Kinnon MacKinnon et ses collègues ont publié une étude de grande envergure intitulée "Beyond Regret", fondée sur l'analyse de 957 personnes ayant arrêté ou inversé leur traitement de genre. L'étude a été publiée en collaboration avec Trans Youth Trajectories et offre à ce jour le tableau le plus détaillé de qui détransitionne et pourquoi.
Quatre profils
L'idée centrale de l'étude est que la « détransition » n'est pas un phénomène homogène. Les chercheurs ont identifié quatre profils clairement distincts :
1. Détransition avec regret profond. Ce groupe regrette à la fois la transition et les interventions médicales qui l'ont accompagnée. Ses membres ne s'identifient plus comme transgenres. C'est le groupe le plus visible dans le débat public.
2. Détransition sans regret. Ces personnes ont arrêté leur transition pour des raisons externes — financières (pas d'argent pour poursuivre le traitement), sociales (rejet de la famille, de l'employeur) ou pratiques — mais ont conservé leur identité trans. Elles ne voulaient pas arrêter mais y ont été contraintes.
3. Souhaitent détransitionner mais rencontrent des obstacles. Un groupe peu mis en lumière : des personnes qui veulent revenir sur leur transition mais n'ont pas accès à des soins adaptés, ou qui craignent les conséquences sociales de leur choix.
4. Transition interrompue avec maintien de l'identité trans. Des personnes qui ont entamé une transition mais ne sont pas allées plus loin, tout en continuant à s'identifier comme transgenres.
Implications cliniques
Les chercheurs plaident pour des pratiques cliniques qui reconnaissent cette diversité. Une personne qui arrête les hormones pour des raisons financières a des besoins différents de quelqu'un qui regrette profondément d'avoir un jour commencé. Les soins doivent pouvoir reconnaître et répondre à ces deux réalités.
Cela rejoint le plaidoyer formulé dans la contribution d'un clinicien pour Genspect : les détransitionneurs sont trop souvent rejetés par les cliniques qui les ont traités auparavant.
Lien avec le débat existant sur les chiffres
L'étude contribue également à la compréhension des taux de détransition. Lorsque les études se contentent de compter « quel pourcentage arrête les hormones », elles mesurent en réalité une combinaison des profils 1 à 4. Cela rend les résultats incomparables avec les études qui ne mesurent que le regret. L'étude de MacKinnon rend cela plus explicite que les recherches précédentes.
Voir aussi : l'analyse de SEGM sur le regret de transition et les problèmes de définition et la revue de littérature portugaise (2025).
Sources :
Transregret


