Daisy Strongin · 25 ans
L'euphorie s'est dissipée. La dépression est restée.
Daisy a commencé sa transition après sept ans de mal-être et de perte de soi dans des chats en ligne. L'euphorie de la transition a duré deux ans. Après sa mastectomie, le sentiment d'accomplissement a disparu. Elle veut maintenant devenir mère — mais ne sait pas si c'est encore possible.

Vous doutez, vous avez des regrets, des séquelles ou vous êtes en détransition ?
Contactez-nous en toute confidentialitéCe récit s’appuie sur des entretiens publics avec Daisy Strongin, publiés par Rome Reports (juillet 2024) et Independent Women. Elle a partagé son histoire pour toucher d’autres personnes qui se trouvent dans la même situation.
J’avais quinze ans et j’étais malheureuse. J’avais une faible estime de moi-même, je ne me sentais pas à l’aise dans mon corps et je me réfugiais sur Internet. Sur les réseaux sociaux, j’ai trouvé des communautés où des personnes étaient confrontées exactement aux mêmes difficultés — et où une explication était toute trouvée : tu es transgenre.
Sept années de doutes, puis la transition
J’ai passé sept ans à me débattre intérieurement. À dix-huit ans, je me suis rendue dans une clinique LGBTQ+ du centre de Chicago et j’ai reçu une ordonnance de testostérone dès ma première consultation. Pas de délai d’attente. Pas d’évaluation approfondie. Une seule conversation.
Deux ans plus tard, à vingt ans, j’ai subi une mastectomie bilatérale.
J’ai partagé mon parcours de transition en ligne — des milliers de personnes me suivaient. La validation, le soutien, l’identité : tout cela m’apportait quelque chose que je n’avais jamais connu auparavant.
La pandémie
Lorsque la pandémie a éclaté et que le monde s’est arrêté, mon euphorie a commencé à s’estomper elle aussi. J’étais chez moi, seule avec moi-même — et la dépression à laquelle j’avais essayé d’échapper était toujours là. Le vide que j’avais voulu combler par la transition ne l’était pas.
"L’euphorie liée aux changements a commencé à s’estomper. Mais la dépression, le sentiment d’incomplétude — eux, sont restés."
Parallèlement, autre chose a commencé à grandir en moi : le désir de devenir mère. Un désir que j’avais écarté en me disant que "ce n’était pas pour moi". Mais il me semblait alors plus réel que jamais.
La peur de la détransition
Détransitionner a été la décision la plus terrifiante que j’aie jamais eu à prendre. J’avais une voix grave. Je n’avais plus de seins. Comment allais-je vivre en tant que femme ? Quelqu’un pourrait-il un jour m’aimer ?
"J’avais tellement peur. Je ne savais pas si je pourrais trouver un partenaire en tant que femme avec une voix grave et sans seins. Vivre simplement comme moi-même — c’était terrifiant."
Aujourd’hui
Daisy a détransitionné et, avec sa famille, elle a embrassé la foi catholique, qu’elle considère elle-même comme un point d’ancrage. Elle parle ouvertement de son histoire — non pas pour attaquer la communauté trans, mais pour toucher celles et ceux qui, comme elle, se sont égarés sur Internet à l’adolescence et y ont trouvé une fausse solution à de vraies souffrances.
Elle ne sait pas si elle pourra encore avoir des enfants. La testostérone a durablement affecté son corps. Ses seins ne repousseront pas. Mais elle a retrouvé sa voix — et elle s’en sert.
Sources :
- Rome Reports (2024). The regret and remorse that comes with transgender therapy: one woman's story. romereports.com
- Independent Women: Identity Crisis — Daisy Strongin. independentwomen.com
- Catholic Weekly Australia (2024). Daisy Strongin Detransition. catholicweekly.com.au
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