Ollie Davies · 34 ans
J'étais nihiliste, seul et sans estime de moi. Des amis n'arrêtaient pas de me dire que j'étais trans. — Ollie Davies, Melbourne
Ollie n'avait jamais eu de doutes sur son genre dans son enfance. À 26 ans, en pleine crise profonde, des amis militants queer lui ont suggéré qu'il était trans. Après trois consultations psychiatriques, il a reçu des hormones. Il est devenu infertile. Six ans plus tard, il a détransitionné. En Australie, il y en a des centaines comme moi. Bientôt, ce seront des milliers.

Vous doutez, vous avez des regrets, des séquelles ou vous êtes en détransition ?
Contactez-nous en toute confidentialitéCette histoire est basée sur une interview accordée par Ollie Davies à la LGB Alliance Australia (2022) ainsi que sur un article paru dans The Australian (8 août 2022). Ollie Davies s’exprime ouvertement sous son propre nom.
Oliver Davies — Ollie — a grandi à Glenrowan, dans l’État de Victoria. Il était développeur de logiciels et vivait à Melbourne. Il avait vingt-six ans lorsqu’il a raconté sa détransition à The Australian. Et, jamais, ni pendant son enfance ni au début de sa vie adulte, il n’avait douté de son identité de genre.
Le point le plus bas
À vingt-six ans, Ollie a traversé une grave crise. Dépression, anxiété, problèmes de comportement, perte totale de son identité.
"J’étais complètement nihiliste et solitaire, je me détestais et je n’avais aucune estime de moi. J’avais totalement perdu mon identité et je n’avais plus aucun sentiment de valeur personnelle."
— Ollie Davies
Dans cet état, il fréquentait un groupe d’amis militants queer. Et ces amis avaient une explication à ce qu’il ressentait.
Des amis qui ont posé un diagnostic
"Cela venait finalement des suggestions des autres. Les gens ont commencé à me dire sans cesse que je devais remettre en question mon identité de genre."
— Ollie Davies
Ollie était bisexuel. Il évoluait dans un cercle de militants qui plaçait l’identité de genre au centre de tout. Et sa crise — sa dépression, sa perte d’identité — a été interprétée par son entourage comme une question de genre.
Il est allé voir un psychiatre. Après trois consultations, le diagnostic de dysphorie de genre était établi. Il n’y a eu aucune thérapie. Sa dépression n’a pas été étudiée comme une cause possible de son mal-être.
Infertile
L’hormonothérapie — les œstrogènes — a rendu Ollie infertile. Il décrit cela comme "dévastateur". Lui et sa partenaire veulent avoir des enfants. C’est désormais impossible.
Il a vécu six ans en tant que femme trans. L’euphorie qu’il avait ressentie au début a disparu. Les problèmes sous-jacents sont restés. À un moment donné, il s’est rendu compte que plus il essayait de "devenir davantage une femme", plus son mal-être s’aggravait.
Détransition en 2021
En 2021, Ollie a détransitionné. Avec le recul, il décrit sa transition comme une "perte de temps et une illusion" — non pas parce qu’elle ne lui aurait rien appris, mais parce qu’elle ne correspondait fondamentalement pas à ce qu’il est réellement.
"C’était une perte de temps et une illusion qui ne correspondaient fondamentalement pas à mon vrai moi."
— Ollie Davies
Un avertissement pour l’Australie
Ollie Davies s’exprime ouvertement, sous son propre nom. Il souhaite que les services australiens de prise en charge des questions de genre renforcent leurs normes. Et il met en garde contre ce qu’il voit se profiler :
"Je pense qu’il y a des centaines de personnes comme moi en Australie qui regrettent aujourd’hui leur décision. Et je pense qu’elles seront bientôt des milliers."
— Ollie Davies
Son histoire illustre un phénomène reconnu dans le monde entier : des jeunes en pleine crise identitaire, entourés de communautés qui présentent la transition comme une solution, et pris en charge par des médecins qui estiment que trois entretiens suffisent pour prendre une décision aux conséquences irréversibles.
Sources :
- Binary Australia. Personnes ayant détransitionné. binary.org.au
- LGB Alliance Australia. Les personnes ayant détransitionné en Australie (2022). lgballiance.org.au
- The Australian (2022). Acteurs du changement de genre : quand la pression extérieure complique les pressions intérieures. 8 août 2022.
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