27 février 2021
Bayswater Support : cinq détransitionneuses sur l'attente, le doute et ce qui aide (2021)
Le 27 février 2021, cinq détransitionneuses anonymes ont partagé, via Bayswater Support Group, leur message aux jeunes souffrant de dysphorie de genre. Le fil conducteur : les décisions médicales ne doivent pas être prises dans la précipitation. Le temps n'est pas un ennemi. La dysphorie peut diminuer avec les années. Les loisirs, la pleine conscience et l'auto-compassion aident plus qu'un parcours médical rapide. « La dysphorie vous ment », écrit l'une d'elles.

Vous doutez, vous avez des regrets, des séquelles ou vous êtes en détransition ?
Contactez-nous en toute confidentialitéLe , Bayswater Support Group — un réseau britannique de parents pour les familles dont un enfant s'identifie comme transgenre — a publié un message commun de cinq détransitionneuses anonymes à l'intention des jeunes confrontés à l'époque à une dysphorie de genre. Le texte se veut un contrepoids au discours en ligne selon lequel la transition médicale serait la seule issue logique.
Le fil conducteur : le temps n'est pas un ennemi
Les cinq voix diffèrent par leur parcours, mais s'accordent sur un point essentiel : ne vous précipitez pas. La pression de commencer rapidement un parcours médical — souvent renforcée par les communautés en ligne — est décrite rétrospectivement par les cinq comme une erreur. Aucune d'entre elles ne regrette d'avoir attendu ; toutes regrettent les étapes qu'elles n'ont pas pu inverser.
Les cinq voix
Détransitionneuse 1 : « Le temps n'est pas un ennemi. » Développer des compétences adultes, des amitiés et des ressources permet d'être mieux placée pour faire, plus tard — si le souhait persiste —, un choix éclairé.
Détransitionneuse 2 : A trouvé l'apaisement par la pleine conscience et l'auto-compassion. La phrase « je suis plus que mon corps » est devenue son ancrage. Trois années sans hormones ont permis à la dysphorie de diminuer et au sentiment de soi de grandir.
Détransitionneuse 3 : L'espoir naît de l'intérieur. De petites routines quotidiennes — les friperies, les loisirs, la construction d'un rythme de vie personnel — se sont révélées porteuses de plus de sens qu'un changement médical.
Détransitionneuse 4 : Ressentait déjà une dysphorie à huit ans, a entamé une transition à quinze ans, puis a fini par arrêter pour des raisons de santé. Sa réflexion a posteriori : « Être une femme ne signifie pas qu'on doive être féminine. » La pression de se conformer à un rôle attendu s'est révélée être la véritable souffrance.
Détransitionneuse 5 : « La dysphorie vous ment. » Le ressenti corporel change continuellement — sous l'influence de l'humeur, des hormones, du sommeil, du contexte social. Y répondre par une intervention irréversible, c'est apporter une réponse définitive à une expérience changeante.
Ce qu'elles proposent concrètement
- Construire une vie en dehors de l'identité de genre : loisirs, activité physique, contact avec les autres.
- Faire de la place pour la pleine conscience et l'auto-compassion — les deux, selon leur expérience, atténuent la dysphorie.
- Explorer ce qui se cache sous la dysphorie : traumatisme, troubles alimentaires, autisme, pression sociale à se conformer à une norme qui ne nous correspond pas.
- Reporter les décisions médicales irréversibles. Pas pour toujours — mais assez longtemps pour voir si la dysphorie persiste.
Le lien avec les chiffres
Le message de ces cinq femmes rejoint la littérature scientifique sur la désistance — le phénomène par lequel une part importante des jeunes souffrant de dysphorie de genre en sortent effectivement à la puberté. L'étude néerlandaise de l'UMCG a montré que les doutes sur le genre disparaissent chez de nombreux jeunes au cours de la puberté. Aucune des cinq détransitionneuses ne plaide pour rendre la transition impossible pour tous ; elles plaident pour intégrer le temps avant que l'irréversible ne se produise.
Qui est Bayswater Support
Bayswater Support Group a été fondé en octobre 2019 à Londres et apporte un soutien aux parents d'enfants s'identifiant comme trans au Royaume-Uni et en Irlande. Le réseau adopte une approche fondée sur les preuves et se montre réservé quant au modèle affirmatif comme première ligne de soin.
Sources :
- Bayswater Support Group. « A Message of Hope for Dysphoric Young People, From Five Anonymous Detransitioners. » 27 février 2021. bayswatersupport.org.uk
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