Cari Stella · 22 ans
Je n'avais tout simplement pas le langage pour être lesbienne. — Cari Stella, États-Unis : la première grande enquête auprès des femmes détransitionnaires
Cari Stella a commencé sa transition sociale à quinze ans, a débuté la testostérone à dix-sept ans et a subi une mastectomie à vingt ans. À vingt-deux ans, elle a détransitionné. En 2016, elle a mené la première grande enquête auprès des femmes détransitionnaires — 203 femmes. Elle a présenté les résultats en 2017 à la conférence USPATH.
Vous doutez, vous avez des regrets, des séquelles ou vous êtes en détransition ?
Contactez-nous en toute confidentialitéCe récit est basé sur les propres publications de Cari Stella sur son blog "Guide on Raging Stars" (guideonragingstars.tumblr.com), ses vidéos YouTube, et sa présentation à la conférence USPATH en 2017. Cari Stella s'exprime ouvertement sous son propre nom.
Cari Stella a grandi aux États-Unis. Elle avait quinze ans lorsqu'elle a commencé à vivre socialement comme un garçon pour la première fois. À dix-sept ans, elle a commencé la testostérone. À vingt ans, elle a subi une mastectomie — l'ablation chirurgicale de ses seins.
À vingt-deux ans, elle a arrêté sa transition et est revenue à son identité féminine. Elle est une femme lesbienne.
"Je n'avais tout simplement pas le langage pour être lesbienne. Être trans semblait la seule façon de me comprendre."
— Cari Stella
Un schéma précoce
Cari Stella a commencé sa transition à une époque — le début des années 2010 — où les connaissances publiques sur la détransition étaient rares. Elle a trouvé des communautés trans en ligne qui confirmaient et encourageaient sa transition. Les questions critiques — sur son orientation sexuelle, sa santé mentale, son histoire familiale — n'étaient pas posées.
Le schéma qu'elle décrit a été largement documenté par des chercheurs et des cliniciens : une jeune personne de sexe féminin, homosexuelle ou bisexuelle, présentant des comorbidités psychiatriques, qui arrive sur un parcours de transition médicale via des communautés en ligne sans investigation adéquate des causes sous-jacentes. La Cass Review (2024) a identifié précisément ce profil comme l'un des groupes les plus vulnérables dans la population des soins de genre.
L'enquête de 2016
En 2016, Cari Stella a fait quelque chose d'unique à l'époque : elle a organisé une enquête auprès de détransitionneuses. Elle a publié l'appel en ligne et a recueilli les réponses de 203 femmes — des personnes biologiquement féminines qui avaient arrêté leur transition.
Les résultats étaient remarquables :
- La grande majorité avait commencé la transition avant ses vingt ans
- Une grande partie s'identifiait après la détransition comme lesbienne ou bisexuelle
- Beaucoup signalaient des comorbidités psychiatriques — anxiété, dépression, traumatisme — qui n'avaient pas été traitées de manière adéquate avant ou pendant leur transition
- Beaucoup avaient des effets physiques permanents de la testostérone ou de la chirurgie qui ne pouvaient pas être annulés
- La plupart des répondantes n'avaient personne sur qui s'appuyer après leur détransition : aucune clinique, aucun groupe de soutien, aucun suivi médical
C'était la première tentative systématique de cartographier l'ampleur et le profil de la détransition féminine — et elle l'a fait sans soutien institutionnel, sans subvention, en tant que particulière.
USPATH 2017
En 2017, Cari Stella a présenté les résultats de son enquête à la conférence USPATH (United States Professional Association for Transgender Health) — l'équivalent américain du WPATH. C'était un moment exceptionnel : une détransitionneuse qui s'adressait à la communauté médicale sur un phénomène que cette communauté ignorait largement.
Sa présentation a clairement montré que la détransition n'était pas une exception rare, mais un schéma plus fréquent que les cliniques ne voulaient l'admettre — et que le secteur médical ne disposait d'aucune infrastructure pour accueillir les détransitionneurs.
Guide on Raging Stars
En plus de ses recherches, Cari Stella a écrit abondamment sur sa propre détransition sur son blog Guide on Raging Stars. Ses écrits constituaient l'un des premiers témoignages personnels détaillés de détransition féminine sur Internet anglophone — publiés à un moment où il n'existait pratiquement aucune autre source pour les détransitionneurs qui voulaient comprendre ce qui leur était arrivé.
Elle décrivait comment sa transition avait été une réponse à son incapacité à se comprendre en tant que femme lesbienne dans une culture qui offrait peu d'espace positif pour cette vie. Être trans avait semblé une échappatoire. Détransitionner signifiait revenir à une identité pour laquelle elle avait dû apprendre le langage.
Héritage
Le travail de Cari Stella — son enquête, sa présentation, son blog — est un exemple précoce du type d'initiative privée qui est devenu institutionnel par la suite : l'étude DARE (MacKinnon, 2025) avec 957 participants, les revues systématiques dans les revues médicales, la Levy Review (2025) pour le NHS.
Elle a montré que les détransitionneurs étaient prêts à parler lorsqu'il y avait quelqu'un pour les écouter — et que le système n'était structurellement pas conçu pour écouter.
Sources :
- Cari Stella. Guide on Raging Stars. guideonragingstars.tumblr.com
- 4thWaveNow (2016–2017). Couverture de l'enquête de Cari Stella et de sa présentation à l'USPATH. 4thwavenow.com
- USPATH (2017). Programme de la conférence et présentations. Philadelphie 2017.
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