18 décembre 2025
Levy Review (2025) : les listes d'attente des cliniques de genre du NHS pourraient atteindre 15 ans — aucune donnée de résultats, aucun contrôle
La Levy Review (2025) démontre que les soins de genre pour adultes du NHS présentent des défaillances structurelles. Les délais d'attente peuvent atteindre 15 ans. Aucune donnée de qualité. 57 % des nouvelles inscriptions concernent des personnes de 18 à 25 ans. Du personnel junior effectue les premières évaluations sans supervision. La revue formule 20 recommandations, mais n'aborde pas la question de savoir si les traitements eux-mêmes sont sûrs.

Vous doutez, vous avez des regrets, des séquelles ou vous êtes en détransition ?
Contactez-nous en toute confidentialitéEn avril 2024, la Cass Review avait choqué le monde par ses conclusions sur les soins de genre du NHS pour enfants et adolescents : preuves faibles, évaluations insuffisantes, défaillance systémique. Aujourd'hui, en décembre 2025, un équivalent existe pour les soins aux adultes.
Le Dr David Levy a publié le 18 décembre 2025 son Operational and Delivery Review of NHS Adult Gender Dysphoria Clinics in England — commandé par NHS England. Les conclusions sont alarmantes.
40 000 personnes sur liste d'attente, 15 ans d'attente sans intervention
En mars 2025, plus de 40 000 patients figuraient sur liste d'attente pour une première évaluation dans une NHS Gender Dysphoria Clinic (GDC). Le délai d'attente moyen atteint désormais 296 semaines — près de six ans.
Sans intervention structurelle, selon la revue, les délais d'attente pourraient atteindre quinze ans, voire plus.
Les conséquences sont immédiates et dangereuses : les patients qui ne peuvent pas attendre se procurent des hormones via des cliniques privées ou des sources étrangères, sans aucun encadrement médical.
Aucune donnée de résultats, aucun chiffre de détransition
L'une des conclusions les plus choquantes concerne ce qui n'existe pas : des données de résultats. Pendant des années, le NHS a permis des transitions de genre chez des adultes sans suivre ce qu'il advenait ensuite des patients.
- Pratiquement aucune donnée de résultats patients collectée
- Aucun enregistrement des chiffres de détransition
- Aucune mesure du regret après traitement
- Aucun indicateur de qualité sur lequel plus de quatre cliniques rapportaient de manière structurelle
Cela rend en pratique impossible d'évaluer la sécurité des soins.
Qui sont les patients ?
La population de patients a fortement évolué ces dernières années. Alors qu'auparavant les cliniques étaient surtout fréquentées par des hommes plus âgés (selon le sexe de naissance), le nouveau flux d'inscriptions est composé à 57 % de femmes de 18 à 25 ans.
Chaque mois, plus de 150 jeunes passent des services de soins pour mineurs vers la clinique de genre pour adultes — parce qu'ils atteignent 18 ans (« aged out »). Par ailleurs, 30 à 50 % des patients présentent un trouble neurodéveloppemental associé, comme l'autisme ou le TDAH — un schéma également confirmé par d'autres recherches.
Personnel inexpérimenté, aucun encadrement
La revue documente une série de lacunes dans la pratique quotidienne :
- Les premières évaluations étaient réalisées par du personnel junior ou non certifié, sans supervision suffisante
- Dépistage de triage insuffisant : le personnel n'était pas toujours formé pour reconnaître les risques psychosociaux
- Protocoles incohérents pour l'évaluation du consentement
- Des patients se présentaient à la chirurgie avec des taux hormonaux inadéquats et sans accompagnement psychosocial adéquat
- Quasiment aucun audit interne ; les instances de gouvernance des soins exerçaient un contrôle insuffisant
- Le personnel a rapporté une lourde charge émotionnelle liée à la prise en charge de patients non évalués en situation de crise
20 recommandations
La revue formule vingt recommandations, parmi lesquelles :
- Une liste d'attente nationale dès avril 2026
- Suppression de l'auto-référencement obligatoire : orientation uniquement via le médecin généraliste
- Première évaluation toujours réalisée par un clinicien senior (psychiatre ou psychologue clinicien), en face à face
- Enregistrement obligatoire des données de résultats à long terme
- Des protocoles de détransition explicites
- Une stratégie nationale de recherche sur la dysphorie de genre chez les adultes
Ce que la revue ne fait pas
La Levy Review se concentre exclusivement sur des améliorations opérationnelles. Elle ne pose pas la question plus fondamentale de savoir si les traitements eux-mêmes sont sûrs et efficaces. Aucune référence n'est faite à la Cass Review ni aux mesures de protection qu'elle recommandait. Les critiques estiment que des réformes opérationnelles sont vaines si les preuves de l'efficacité des traitements eux-mêmes font défaut. Voir aussi le tournant politique international dans les soins de genre.
La revue a été publiée le jour même où elle a été débattue à la Chambre des communes britannique.
Sources :
- NHS England (2025). Operational and Delivery Review of NHS Adult Gender Dysphoria Clinics in England. england.nhs.uk
- Transgender Trend (2025). Levy Review of NHS adult gender clinics. transgendertrend.com
- Sex Matters (2025). The Levy Review of adult gender services. sex-matters.org
- Hansard UK Parliament (2025). NHS Adult Gender Services: Independent Review, 18 décembre 2025. hansard.parliament.uk
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