1 janvier 2023
« Gender-affirming care » : origine, sens et critique du terme
« Gender-affirming care » est devenu le terme dominant pour désigner le traitement médical du genre dans les contextes académiques, cliniques et politiques. Le terme suppose que « confirmer » (affirm) l'identité de genre est toujours la bonne approche — ce qui lui confère une charge normative. Les critiques estiment qu'il s'agit d'un choix politique qui oriente le débat, et que les « soins gender-exploratoires » constituent une alternative plus neutre.

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Contactez-nous en toute confidentialitéLe terme « gender-affirming care » a dominé le débat américain sur les soins de santé liés à la transidentité dans les années 2010 et 2020. Il a été utilisé par les organisations professionnelles médicales, les autorités publiques, les cliniques et les militants. Mais le terme lui-même n'est pas neutre : il présuppose une approche spécifique — et les critiques estiment qu'il a contribué à normaliser cette approche sans évaluation critique suffisante.
L'origine
Le terme « gender-affirming care » s'est popularisé dans les milieux cliniques et militants au début des années 2010. Il s'inscrivait dans une évolution plus large des soins liés au genre : d'un modèle psychiatrique de « gatekeeping » — où les patients étaient longuement évalués avant tout traitement — vers un modèle où l'auto-identification du patient constituait le point de départ.
Ce modèle a aussi été appelé « affirmative model » ou modèle « gender-exploratory » — les deux termes ont ensuite acquis des significations distinctes. Dans le modèle affirmatif, l'identité de genre présentée par le patient est confirmée et suivie ; le traitement en est l'objectif.
La charge normative
Les critiques estiment que le terme « gender-affirming care » dissimule une conclusion normative dans son nom même : il suggère qu'« affirmer » (confirmer) est toujours la bonne approche. L'alternative — explorer en profondeur ce qui se cache derrière la crise identitaire de genre avant d'envisager un traitement — se retrouve ainsi implicitement qualifiée de « non affirmative », ce qui donne l'impression de s'opposer au patient.
Cela a des conséquences pour le débat : les médecins qui défendent une approche exploratoire sont catalogués comme « non affirmatifs » — ce qui, dans certains contextes, équivaut à une forme de stigmate professionnel.
Alternatives en usage
La Cass Review a délibérément évité le terme « gender-affirming care ». Elle parlait de « gender services » ou de « gender support » — des termes qui ne préchargent pas la relation thérapeutique d'une approche spécifique.
Aux États-Unis, la SEGM — Society for Evidence-Based Gender Medicine — a également commencé à éviter ce terme et à parler de « gender medicine » et de « gender-exploratory therapy ».
Le choix des mots comme choix politique
La bataille terminologique n'est pas anodine : dans le débat politique, les lois qui restreignent les soins liés au genre sont parfois qualifiées de « bans on gender-affirming care » — un cadrage qui présente ces lois comme un refus de soins nécessaires. Leurs opposants qualifient ces mêmes lois de « protections for children from experimental treatment ». Les deux cadrages sont chargés normativement. Prendre conscience de cette bataille linguistique est un premier pas pour suivre le débat.
Sources :
Transregret


