1 janvier 2024
Transition tardive : dysphorie de genre et transition chez les adultes de plus de 40 ans
Les hommes de plus de 40 ans traversant une crise d'identité de genre constituent une population sous-estimée dans le débat sur le genre. Contrairement aux adolescentes qui forment le gros de la « vague » actuelle, il s'agit ici d'un groupe démographique distinct, avec des dynamiques psychologiques différentes. Une analyse des caractéristiques, motivations et résultats propres à ce groupe.

Vous doutez, vous avez des regrets, des séquelles ou vous êtes en détransition ?
Contactez-nous en toute confidentialitéDans le débat public sur les soins de genre, ce sont les adolescentes et la « vague » de jeunes s'identifiant comme non binaires ou transgenres qui dominent. Mais il existe une autre population : des hommes dans la quarantaine ou la cinquantaine traversant une crise d'identité de genre.
La population à « apparition tardive »
Dans la littérature classique sur le genre, on distinguait « early onset » (apparition précoce, dès l'enfance) et « late onset » (apparition tardive, après la puberté ou seulement à l'âge adulte). Le groupe « late onset » était classiquement composé en grande majorité d'hommes biologiques.
Caractéristiques de la dysphorie de genre à apparition tardive chez les hommes :
- hétérosexuels, parfois mariés et avec des enfants
- peu ou pas de comportement atypique de genre durant l'enfance
- composante sexuelle : l'autogynéphilie comme motivation possible
- la crise survient parfois après un événement de vie (divorce, licenciement, crise de la quarantaine)
Autogynéphilie et transition à apparition tardive
Le sexologue canadien Ray Blanchard a publié dans les années 1980-1990 sur l'autogynéphilie : une orientation sexuelle où un homme est érotiquement stimulé par l'idée de se voir lui-même en femme. Ce concept est controversé, mais repose sur une base empirique solide dans la littérature clinique.
La transition à apparition tardive est associée par certains cliniciens à l'autogynéphilie — où la composante sexuelle est distincte de l'identité de genre féminine, mais influence tout de même la motivation à transitionner.
Impact sur les partenaires et les familles
La transition tardive a un impact profond sur les partenaires et les enfants. Les partenaires décrivent un sentiment de trahison — le mariage reposait sur une identité présumée qui change désormais radicalement. Les enfants réagissent de façon variable.
Résultats
Les données à long terme sur les résultats chez les hommes en transition tardive sont rares. Certaines études suggèrent une adaptation relativement bonne ; d'autres montrent un regret significatif et la perte de relations et de réseau social comme facteur négatif.
Voir aussi : l'autogynéphilie et la motivation sexuelle dans la transition, et l'impact de la transition sur les partenaires.
Sources :
- Blanchard, R. (1991). Clinical observations and systematic studies of autogynephilia. Journal of Sex & Marital Therapy.
- Bailey, J.M. (2003). The Man Who Would Be Queen. Joseph Henry Press.
- Littman, L. (2018). Rapid-onset gender dysphoria. PLOS ONE.
- Impact de la transition sur les partenaires. Transspijt.nl.
Transregret



