6 mars 2026
Faible taux de testostérone et dysphorie de genre
Un faible taux de testostérone peut, chez les garçons, produire un corps qui se ressent comme moins masculin. Dans les soins transgenres, cela n'est presque jamais mesuré. C'est une occasion manquée — et potentiellement une grave omission médicale.

Vous doutez, vous avez des regrets, des séquelles ou vous êtes en détransition ?
Contactez-nous en toute confidentialitéLa dysphorie de genre chez les garçons est décrite comme un sentiment persistant de malaise vis-à-vis du corps masculin et une identification au féminin. Mais la manière dont ce sentiment apparaît est à peine étudiée en pratique clinique. Un facteur biologique pourtant évident — le taux de testostérone — reste étonnamment souvent hors champ.
Que fait la testostérone au corps masculin ?
La testostérone est la principale hormone sexuelle masculine et est responsable des caractéristiques qui rendent un corps masculin reconnaissable : masse musculaire, profondeur de la voix, pilosité faciale, structure osseuse et répartition des graisses. Pendant la puberté, la production de testostérone augmente fortement et transforme le corps d'un garçon en corps masculin adulte.
Si ce processus est perturbé — par une production insuffisante de testostérone, une sensibilité réduite à l'hormone, ou une action dominante des œstrogènes — la masculinisation peut prendre du retard. Le résultat est un corps qui présente des caractéristiques masculines moins prononcées : moins de masse musculaire, une voix plus aiguë, plus de graisse au niveau des hanches et de la poitrine, moins de pilosité.
Il n'est pas difficile d'imaginer qu'un garçon présentant ces caractéristiques corporelles se sente moins à l'aise dans son corps masculin — non pas parce qu'il serait « en réalité une fille », mais parce que son corps ne s'est pas développé de la manière qu'il attendait.
Quelle est la fréquence d'un faible taux de testostérone chez les jeunes ?
L'hypogonadisme — le terme médical désignant un déficit de production d'hormones sexuelles — touche environ 1 à 2 % de la population masculine. Les formes subcliniques, où la testostérone se situe dans la partie basse de la normale sans diagnostic formel, sont probablement plus fréquentes. Les causes vont des affections génétiques (comme le syndrome de Klinefelter) au stress chronique, à l'obésité, au manque de sommeil et à l'exposition à des perturbateurs endocriniens.
C'est précisément dans le groupe d'âge qui se présente dans les cliniques de genre — adolescents et jeunes adultes — que tous ces facteurs entrent en jeu. Le stress, le manque de sommeil et le surpoids ne sont pas rares dans ce groupe.
Cela est-il mesuré dans les soins transgenres ?
Pas systématiquement. Dans les protocoles de la plupart des cliniques de genre, la mesure du profil hormonal endogène ne figure pas comme étape obligatoire avant le traitement. Du sang est bien prélevé avant le début des hormones croisées, mais c'est principalement pour établir les valeurs de référence permettant de suivre le traitement — pas pour détecter et corriger un éventuel déficit.
C'est une lacune frappante. En endocrinologie classique, un garçon qui se plaint d'un développement physique lent, d'un manque de masse musculaire ou d'une voix aiguë serait automatiquement testé pour un hypogonadisme. Dans les soins transgenres, ce même garçon est orienté vers un dépistage psychologique, puis éventuellement vers une hormonothérapie — mais dans la direction opposée.
Que dit la recherche ?
Les recherches directes sur la prévalence d'un faible taux de testostérone chez les garçons souffrant de dysphorie de genre sont rares — ce qui est en soi révélateur. La question est à peine posée, encore moins répondue. Ce qui existe, ce sont des rapports de cas et de petites études suggérant que des facteurs hormonaux peuvent jouer un rôle dans le vécu de l'identité de genre.
Une étude suédoise de 2020 a trouvé des taux de testostérone élevés chez des femmes souffrant de dysphorie de genre, ce qui suggère un substrat biologique à la dysphorie. La question inverse — un faible taux de testostérone chez des hommes souffrant de dysphorie de genre — n'a, jusqu'à présent, presque jamais été étudiée de façon systématique.
Le Dr Stephen Stathis, responsable du service de genre du Lady Cilento Children's Hospital de Brisbane, a fait remarquer lors d'un entretien qu'une part considérable de ses patients présentait, après examen approfondi, un trouble hormonal ou génétique qui contribuait à leurs difficultés. « Nous devons devenir meilleurs pour exclure les causes médicales traitables avant de passer à la transition sociale et médicale. »
L'œstrogène, une mauvaise direction
Pour un garçon dont le taux de testostérone est faible, l'administration d'œstrogène — le traitement standard en médecine transgenre pour les garçons souhaitant transitionner — revient, dans une certaine mesure, à aggraver le problème. L'œstrogène supprime encore davantage la production de testostérone, renforce les caractéristiques corporelles féminines et rend une grande partie des changements permanents.
Si la cause sous-jacente du malaise est un déficit de testostérone, l'œstrogène ne le résout pas — il déplace le problème vers un corps encore plus éloigné de la norme masculine que le garçon aurait pu atteindre biologiquement.
Le bon ordre des examens
Ce que les cliniciens devraient faire avant d'envisager une transition médicale :
- Profil hormonal complet : testostérone (totale et libre), LH, FSH, œstradiol, SHBG, prolactine
- Exclusion des affections génétiques telles que le syndrome de Klinefelter (47,XXY)
- Évaluation des facteurs de mode de vie qui suppriment la testostérone : sommeil, poids, stress, prise de médicaments
- En cas de faible testostérone : traitement et évaluation de l'effet sur la dysphorie
Ce n'est qu'une fois ces étapes franchies, et si les difficultés persistent, qu'une discussion sur la suite du traitement est justifiée. Ce n'est pas un obstacle aux soins transgenres — c'est une bonne pratique médicale.
Le lien entre un faible taux de testostérone et la dysphorie de genre chez les garçons est insuffisamment étudié et systématiquement négligé en pratique clinique. C'est une omission médicale aux conséquences potentiellement lourdes : des garçons qui auraient pu être aidés par la testostérone reçoivent à la place de l'œstrogène — et les dommages qui en résultent sont en grande partie irréversibles.
Cette question mérite une recherche scientifique sérieuse. En attendant cette recherche, la prudence devrait être le principe de base.
Sources :
- Pasterski V et al. (2015). Increased cross-gender identification independent of gender role behaviour in girls with congenital adrenal hyperplasia. European Journal of Endocrinology. pubmed.ncbi.nlm.nih.gov
- Cass Review (2024). Independent Review of Gender Identity Services for Children and Young People — Chapter on biological factors. cass.independent-review.uk
- Hembree WC et al. (2017). Endocrine Treatment of Gender-Dysphoric/Gender-Incongruent Persons. Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism. pubmed.ncbi.nlm.nih.gov
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