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29 janvier 2025

El-Nagashi, Zobnina & Michaux : l'étrange cas du « non-binaire » dans les données de l'UE (2025)

Le 29 janvier 2025, Faika El-Nagashi, Anna Zobnina et Róisín Michaux ont publié via Genspect « The curious case of non-binary people in EU data ». Les projets de recherche financés par l'UE doivent désormais utiliser « non-binaire » comme catégorie de rapportage. Mais « non-binaire » n'a ni définition claire ni base juridique — et cette catégorie érode les données ventilées par sexe qui permettaient de mesurer les inégalités entre femmes et hommes.

El-Nagashi, Zobnina & Michaux : l'étrange cas du « non-binaire » dans les données de l'UE (2025)

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Le , Faika El-Nagashi, Anna Zobnina et Róisín Michaux ont publié via Genspect l'article analytique « The curious case of non-binary people in EU data ». Sujet : le fait que les projets de recherche financés par l'UE ont commencé à devoir utiliser « non-binaire » comme catégorie de rapportage obligatoire — et ce que cela signifie pour la mesurabilité de ce que l'on appelait autrefois simplement le sexe.

Le changement dans les exigences de rapportage de l'UE

Les projets de recherche bénéficiant d'un financement européen — Horizon Europe, Erasmus+, FSE+ — doivent rendre compte de la composition de leurs participants. Jusqu'il y a peu, cela se faisait selon deux catégories : femmes et hommes. Depuis peu, une troisième catégorie doit y être ajoutée : « non-binaire ». À première vue, une extension neutre. En pratique, une intervention aux conséquences mesurables.

Le problème de définition

Les auteures documentent ce qui fait défaut :

  • Une définition claire de ce qu'est le « non-binaire » — un phénomène biologique, un état psychologique, une identité politique ?
  • Une base juridique. Quelle loi européenne définit cette catégorie ? Aucune.
  • Un fondement scientifique. Quelles données épidémiologiques soutiennent son existence en tant que groupe délimité ? Aucune.

La catégorie apparaît — comme variable de rapportage obligatoire — avant la définition. C'est méthodologiquement inhabituel et faible sur le plan de la méthode.

L'implication pour les données : l'érosion des chiffres ventilés par sexe

L'effet mesurable central : dès qu'une part importante des participants se déclare « non-binaire », le pourcentage dans les deux autres catégories diminue. Non pas parce que le nombre de femmes ou d'hommes change, mais parce que la population existante est redistribuée en trois catégories au lieu de deux. Conséquence : les tendances de sous-représentation des femmes — dans les STIM, le leadership, certaines professions — deviennent statistiquement moins visibles.

Pour celles et ceux qui œuvrent historiquement pour les droits des femmes et s'appuient sur les données pour mesurer les progrès, il ne s'agit pas d'un effet secondaire mais de l'effet recherché.

La question rarement posée

Qui a décidé que cette catégorie deviendrait un rapportage obligatoire — et sur quelle base scientifique ? Les auteures retracent la prise de décision : non pas dans un débat parlementaire, mais via des lignes directrices internes de la Commission, sur avis d'ONG qui opèrent elles-mêmes sous la même infrastructure financée. Le schéma décrit dans Beneath the Surface, ici à l'œuvre à un niveau concret et spécifique.

Ce que cela signifierait pour les Pays-Bas

Les instituts de recherche néerlandais — universités, organismes de recherche, ONG — qui reçoivent un financement de l'UE sont soumis aux mêmes exigences de rapportage. Un effet comparable sur les données de genre néerlandaises est à prévoir. Pour qui estime que l'écart salarial néerlandais ou la place des femmes dans les conseils d'administration a de l'importance, cette érosion de la mesurabilité constitue un recul sérieux — indépendamment des préférences politiques sur le débat identitaire sous-jacent.


Sources :

  • El-Nagashi, F., Zobnina, A. & Michaux, R. "The curious case of non-binary people in EU data." Genspect, 29 janvier 2025. (via Athena Forum : athena-forum.eu)