15 mai 2026
Le regret de transition atteint peut-être 33 % — Voorzij fait le calcul sur la perte de suivi
Les taux officiels de regret de 1 à 2 % sont intenables sur le plan statistique, écrit l'autrice Dutchess (Tara) sur Voorzij.nl. Dès que l'on prend en compte la perte de suivi — les patients qui disparaissent des radars — le taux réel pourrait approcher les 33 %.

Vous doutez, vous avez des regrets, des séquelles ou vous êtes en détransition ?
Contactez-nous en toute confidentialitéLe 1er août 2024, Voorzij.nl a publié une tribune de Dutchess (Tara) intitulée « Le regret de transition atteint peut-être 33 % ». Ce texte reprend les calculs des méta-analyses les plus citées sur le regret de transition et conclut que le taux officiel de 1 à 2 % est intenablement bas dès que l'on prend au sérieux la perte de suivi.
Le cœur de l'argument
Les méta-analyses rapportent un taux de regret d'environ 2,2 %, mais aussi une perte de suivi d'environ 30,9 %. Autrement dit : pour près d'un tiers des patients opérés, on ne sait tout simplement pas. L'étude néerlandaise de Wiepjes (2018) aboutit à une perte de suivi d'environ 36 %.
L'autrice affirme qu'en bonne pratique scientifique, il n'est pas correct d'écarter ce groupe inconnu ou de le comptabiliser comme « satisfait ». La démarche statistique correcte consiste à imputer l'incertitude au risque, pas au succès. En appliquant ce principe de façon cohérente, le taux de regret possible atteint environ 33 %.
Ce qui pose encore problème
Dutchess formule plusieurs objections supplémentaires à l'égard des chiffres actuels :
- Moment de mesure trop précoce. La plupart des études mesurent le regret quelques années après la transition. Les données disponibles montrent que le regret ne fait surface en moyenne qu'environ 10 ans après la transition.
- Absence de groupe témoin. Il n'existe aucun essai contrôlé randomisé pour les soins de genre. La pratique actuelle est donc, techniquement, expérimentale, et non une médecine fondée sur des preuves.
- Reconnaissance clinique. Le texte cite une conversation avec un psychologue clinicien d'un hôpital néerlandais, qui aurait déclaré que le traitement d'affirmation de genre ne mène pas automatiquement au bonheur — ce qui pose la question du résultat précis censé justifier ces soins.
Pourquoi cet article figure ici
L'autrice n'établit pas de pourcentage exact — 33 % est une borne supérieure arithmétique, pas un résultat mesuré. Mais cela met en lumière un constat également relevé par d'autres chercheurs : tant qu'un tiers des patients disparait des radars, aucune clinique ne peut affirmer sans sourciller que seuls 1 à 2 % éprouvent du regret. Les chiffres que l'on entend habituellement sont des bornes inférieures — pas la réalité.
Pour qui doit lui-même faire ce choix, ou accompagne un enfant, un partenaire ou un proche, cette différence est essentielle.
Source : Dutchess (Tara). Le regret de transition atteint peut-être 33 %. Co-publication de Voorzij.nl, Provrouw.nl et Genspect.org, 1er août 2024. Images reprises de la même publication.
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