1 avril 2018
Wiepjes et al. : 36 % des patients de la clinique de genre d'Amsterdam injoignables lors du suivi (2018)
L'étude de cohorte de la clinique de genre d'Amsterdam menée par Wiepjes et al. (2018) documente 6 793 patients traités entre 1972 et 2015. Un constat souvent occulté : 36 % des patients étaient injoignables lors du suivi. Cela rend méthodologiquement peu fiables les taux de regret issus de cette cohorte (souvent cités à 0,6 %).

Vous doutez, vous avez des regrets, des séquelles ou vous êtes en détransition ?
Contactez-nous en toute confidentialitéL'étude de cohorte néerlandaise de la clinique de genre d'Amsterdam menée par Wiepjes et al. (2018) est souvent citée à l'international comme preuve de faibles taux de regret. Ce qui disparaît systématiquement dans ces citations est un détail méthodologique central : 36 % des patients étaient injoignables lors du suivi. Pour le débat sur le regret de transition, il s'agit d'une donnée clé.
Ce qu'a examiné l'étude
L'étude — publiée dans The Journal of Sexual Medicine en 2018 — porte sur 6 793 personnes traitées entre 1972 et 2015 à la clinique d'identité de genre d'Amsterdam (VUmc). Il s'agit de l'une des cohortes les plus vastes et les plus anciennes au monde, et donc d'une source de données majeure.
Les taux de regret publiés
Wiepjes et al. rapportent un taux de regret d'environ 0,6 %. C'est le chiffre qui, depuis 2018, revient dans les documents de politique néerlandais, les brochures des cliniques et le débat public : « le regret est exceptionnellement rare ». Cela semble rassurant.
Le problème sous la surface : 36 % disparus des radars
Mais 36 % de la cohorte étaient injoignables lors du suivi. C'est une proportion considérable — plus d'un patient traité sur trois. Ces personnes ne figurent pas dans le compteur de regrets. Or, sur le plan épidémiologique, le fait de se présenter ou non au suivi n'est pas un processus aléatoire. Les personnes mécontentes de leur praticien recherchent rarement, de leur plein gré, un contact avec ce même praticien. Le biais de sélection est structurel : ceux qui ont des regrets disparaissent du fichier.
Comment cela change réellement le chiffre
Même si l'on suppose que, dans le groupe des 36 % injoignables, seule la moitié a des regrets, on obtient un taux de regret réel qui représente un multiple du chiffre officiel de 0,6 %. Certaines estimations indépendantes — comme celles de TransRegret.org et de revues systématiques — se situent entre 12 % et 30 %.
Pourquoi cela pèse particulièrement pour les Pays-Bas
Les données de Wiepjes proviennent des Pays-Bas. La clinique d'Amsterdam (aujourd'hui sous VUmc/Amsterdam UMC) a joué un rôle pionnier mondial dans ce qu'on appelle le « Dutch Protocol ». Les décideurs politiques, les cliniques et les responsables politiques néerlandais invoquent « nos propres données » comme preuve de la sécurité du protocole. Mais ces données elles-mêmes comportent une lacune de suivi qui rend les taux de regret peu fiables depuis le départ.
Lien avec les critiques ultérieures
Le constat de Wiepjes est une version précoce de ce qui a été documenté plus largement par la suite : faiblesses méthodologiques dans la recherche néerlandaise sur les bloqueurs de puberté, critiques internationales du Dutch Protocol, et analyses méthodologiques des taux de regret dans le monde. Wiepjes 2018 n'est pas seulement pertinent — il constitue un fondement de ces critiques ultérieures.
Sources :
- Wiepjes, C. M. et al. "The Amsterdam Cohort of Gender Dysphoria Study (1972–2015): Trends in Prevalence, Treatment, and Regrets." The Journal of Sexual Medicine, 2018. DOI: 10.1016/j.jsxm.2018.01.016
- Stats for Gender — aperçu. statsforgender.org
Transregret





