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20 août 2026

La France reporte sa recommandation sur la transition des mineurs à 2027

La Haute Autorité de Santé n'a adopté le 25 février 2026 qu'une simple note de cadrage pour une future recommandation sur l'accompagnement des mineurs en questionnement de genre — les premières conclusions ne sont attendues au plus tôt que dans le second semestre de 2027. En attendant, la France reste sans cadre national, alors que le Royaume-Uni, la Suède et la Finlande ont déjà durci leur politique depuis plusieurs années.

La France reporte sa recommandation sur la transition des mineurs à 2027

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Ce mois-ci, la France n'a pas annoncé de nouvelle recommandation sur la transition de genre chez les mineurs — bien au contraire. La Haute Autorité de Santé (HAS) s'est bornée, le 25 février 2026, à adopter une « note de cadrage » : un document préparatoire qui fixe la méthode de travail pour les années à venir. Pour un véritable cadre national, médecins, parents et jeunes français devront patienter au moins jusqu'au second semestre de 2027.

Cinq ans après la demande du ministère

Le dossier ne date pas de 2026 : dès 2021, le ministère français des Solidarités et de la Santé avait chargé la HAS d'élaborer des recommandations pour l'accompagnement des mineurs en questionnement de genre. Cinq ans plus tard, aucune recommandation contraignante n'existe encore pour ce public. La note de cadrage publiée cette année s'appuie sur les 152 recommandations que la HAS a formulées le 18 juillet 2025 pour les adultes — la toute première fois que la France se dotait d'un cadre national sur la transition de genre. Pour les mineurs, ce n'est que la première étape qui démarre : une revue de la littérature en 2026, suivie de travaux de groupes d'experts en 2026 et 2027, avec une validation attendue au plus tôt dans le second semestre de 2027.

La dépsychiatrisation comme objectif affiché

La formulation retenue par la HAS pour décrire sa propre mission est révélatrice : il s'agit d'introduire une « diversité des parcours de soins » et de parvenir à une « dépsychiatrisation effective », dans la ligne de ce que la HAS appelle les « évolutions internationales ». Ce choix de mots ne traduit pas la prudence, mais plutôt une ambition de détacher davantage la prise en charge de la dysphorie de genre chez les mineurs du champ de la santé mentale — une direction à rebours de celle prise par d'autres pays européens. Le Royaume-Uni a retiré les bloqueurs de puberté du parcours de soins ordinaire après la Cass Review et en a réservé l'usage au seul cadre de la recherche. La Suède et la Finlande ont, elles, choisi la prudence et la psychothérapie comme première étape à l'issue de leurs propres revues systématiques évaluées selon la méthode GRADE, réservant l'intervention médicale à des cas exceptionnels. La France, elle, semble pour l'instant s'orienter dans une autre direction, tout en reconnaissant n'avoir encore mené aucune évaluation complète de ses propres preuves scientifiques.

Une pratique sans cadre

En attendant la recommandation annoncée — au plus tôt en 2027, soit six ans après la demande initiale du ministère — la pratique reste non régulée en France. Hôpitaux et équipes travaillent chacun sans protocole national unique, ce qui, selon des parlementaires et des sociétés savantes françaises, crée depuis des années de fortes disparités régionales : certaines équipes appliquent une phase diagnostique longue et prudente, d'autres passent plus rapidement à l'intervention médicale. Tant que la HAS ne fixe pas de norme contraignante, cette variabilité des pratiques — et donc la qualité et la sécurité des soins pour un public de mineurs vulnérables — continue de dépendre du médecin ou de l'établissement plutôt que d'un cadre national évalué.

Pour les parents et les cliniciens français, rien ne change donc à court terme : aucune clarté sur les indications des bloqueurs de puberté, aucune norme nationale sur la place du diagnostic psychologique, et aucune visibilité sur le nombre de jeunes actuellement pris en charge qui relèveraient, dans quelques années, d'un cadre plus strict. Malgré les ambitions annoncées, la France ne rejoint donc pas, pour l'instant, les pays ayant déjà révisé leur politique sur la base de leur propre évaluation des preuves — elle continue de reporter cette évaluation.


Source :

  • transspijt.nl. "Frankrijk stelt richtlijn transgenderzorg minderjarigen uit tot 2027". transspijt.nl
Edward Jansen

Edward Jansen

Rédaction

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une « note de cadrage » de la HAS ?

Un document préparatoire dans lequel l'autorité de santé française définit les questions qu'elle va étudier et la méthode de travail vers une future recommandation, sans formuler elle-même de conclusions. Pour la transition de genre chez les mineurs, la note de cadrage du 25 février 2026 ne marque que le début d'un processus pluriannuel.

Quand la France disposera-t-elle d'une recommandation définitive sur la transition des mineurs ?

Pas avant le second semestre de 2027, après une revue de la littérature en 2026 et des travaux de groupes d'experts en 2026-2027 — soit six ans après la demande du ministère de la Santé à la HAS en 2021.

Comment l'approche française se compare-t-elle à celle du Royaume-Uni, de la Suède et de la Finlande ?

Ces pays ont durci leur politique il y a plusieurs années déjà, sur la base de leurs propres revues systématiques de la littérature, en choisissant la prudence face aux bloqueurs de puberté et aux hormones. La France doit encore mener sa propre évaluation des preuves et affiche pour l'instant l'objectif inverse : davantage de « diversité des parcours » et de « dépsychiatrisation ».