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21 juillet 2026

Bolhuis dans OpinieZ : « Le Gezondheidsraad ignore les mises en garde européennes sur les bloqueurs de puberté »

Le professeur émérite de neurobiologie cognitive Johan Bolhuis (Utrecht/Cambridge) fustige dans OpinieZ l'avis du Gezondheidsraad : le conseil reconnaît lui-même des lacunes dans les connaissances sur les bloqueurs de puberté, mais ne voit aucune raison de changer de cap. Alors que toute l'Europe instaure des restrictions, les Pays-Bas restent sur la voie tracée.

Bolhuis dans OpinieZ : « Le Gezondheidsraad ignore les mises en garde européennes sur les bloqueurs de puberté »

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Alors que des pays comme la Suède, la Norvège, la Finlande et le Royaume-Uni ont restreint ou interdit la prescription de bloqueurs de puberté aux jeunes en dysphorie de genre, les Pays-Bas empruntent la voie inverse. C'est la conclusion de Johan Bolhuis, professeur émérite de neurobiologie cognitive à l'université d'Utrecht et professeur associé à l'université de Cambridge, dans un article d'opinion publié le 9 juillet 2026 dans OpinieZ.

Un avis « truffé de termes non scientifiques »

L'avis publié le 30 juin 2026 par le Gezondheidsraad sur les soins liés à la transidentité chez les jeunes reçoit de Bolhuis une évaluation sans appel. Le conseil reconnaît lui-même que les recherches sur les effets à long terme des bloqueurs de puberté sur la cognition et la fertilité sont insuffisantes, mais n'y voit malgré tout « aucune raison » de modifier la pratique de soins. Bolhuis qualifie l'avis de « truffé de termes non scientifiques ».

La composition de la commission consultative est particulièrement frappante : six des douze membres étaient directement ou indirectement impliqués dans la prescription ou l'administration de bloqueurs de puberté, comme l'a montré précédemment l'analyse du professeur de droit Lodewijk Smeehuijzen. L'indépendance de l'avis s'en trouve donc mise à mal, selon Bolhuis.

82 % aboutissent à une transition médicale

Bolhuis pointe des données de l'Amsterdam UMC montrant que 82 % des adolescents qui s'adressent à une clinique de genre franchissent finalement le pas vers une transition médicale. Cela révèle selon lui un effet d'entonnoir préoccupant : les bloqueurs de puberté n'offrent pas une véritable pause de réflexion, mais mènent dans l'immense majorité des cas à des interventions irréversibles.

Contrairement à la tendance internationale — le Royaume-Uni et les pays scandinaves ayant freiné la pratique après des revues systématiques des preuves — les Pays-Bas maintiennent leur approche vieille de plusieurs décennies, connue sous le nom de Dutch Protocol. Bolhuis y voit un choix délibéré d'ignorer tant ses propres doutes que les signaux venus d'Europe.

Une contestation plus large

L'avis du Gezondheidsraad a déjà suscité des questions parlementaires critiques du député SGP Diederik van Dijk et de la députée CU Bikker sur l'indépendance de la commission. Cinquante parents d'enfants en questionnement de genre ont demandé à trois reprises, en vain, un entretien avec la commission avant la publication.

La contribution de Bolhuis est la voix scientifique la plus récente d'un chœur grandissant de critiques de la politique néerlandaise en matière de soins liés au genre. La question centrale qu'il pose reste sans réponse : pourquoi les Pays-Bas choisissent-ils la continuité, alors que le consensus scientifique évolue ailleurs en Europe dans la direction opposée ?


Source :

  • Bolhuis, Johan. « Gezondheidsraad negeert waarschuwingen uit heel Europa over puberteitsremmers. » 9 juli 2026. opiniez.com