irréversibilité

1 février 2026

Les bloqueurs de puberté : sûrs et réversibles ?

La phrase « les bloqueurs de puberté sont totalement sûrs et réversibles » est utilisée par les cliniques pour rassurer. Mais la recherche raconte une autre histoire.

Les bloqueurs de puberté : sûrs et réversibles ?

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C'est une phrase que parents et jeunes entendent régulièrement dans les cliniques de genre néerlandaises : « Les bloqueurs de puberté sont totalement sûrs et totalement réversibles. Ils vous donnent le temps de réfléchir. »

Mais est-ce vrai ?

Que sont les bloqueurs de puberté ?

Les bloqueurs de puberté — aussi appelés analogues de la GnRH ou hormones bloquant la puberté — sont des médicaments qui retardent la puberté. Ils sont utilisés depuis longtemps chez les enfants souffrant de puberté précoce (precocious puberty), mais sont employés chez les jeunes transgenres pour mettre la puberté en pause, le temps de laisser davantage de place à la réflexion.

La densité osseuse

La recherche montre de manière constante que les bloqueurs de puberté freinent le développement de la densité minérale osseuse. La puberté est une période cruciale pour la formation osseuse. Le Cass Review (2024) a conclu que les effets sur la densité osseuse constituent l'une des observations les plus constantes de la littérature sur les bloqueurs de puberté.

Le problème des 98 %

Les cliniques affirment que les bloqueurs de puberté offrent un « temps de réflexion ». Mais l'étude de De Vries et al. (2011) montre que 98 % des jeunes qui commencent les bloqueurs de puberté poursuivent ensuite avec des hormones croisées.

Développement cérébral

Il existe aussi une inquiétude croissante quant à l'influence possible des bloqueurs de puberté sur le développement cérébral. Les hormones sexuelles jouent un rôle dans la maturation du cerveau pendant la puberté.

Fertilité

Lorsqu'un jeune passe des bloqueurs de puberté aux hormones croisées — ce qui se produit dans 98 % des cas —, le risque d'infertilité est élevé. Les cliniques ne sont pas toujours proactives à ce sujet.

Réversible ?

Les bloqueurs de puberté sont techniquement réversibles, en ce sens qu'on peut arrêter le médicament et que la puberté redémarre alors (lentement). Mais l'irréversibilité pratique réside dans le taux de passage de 98 % vers l'hormonothérapie, la fenêtre manquée pour la formation osseuse et la possible occasion manquée de préserver la fertilité.

« Totalement sûr et totalement réversible » est une simplification excessive qui ne reflète pas la réalité.


Sources : De Vries A.L.C. et al. (2011). Puberty Suppression in Adolescents with Gender Identity Disorder. JAACAP. — Cass Review (2024). Independent Review of Gender Identity Services.