médical

1 janvier 2024

Trouble de la personnalité borderline et dysphorie de genre : chevauchements et défis diagnostiques

Le trouble de la personnalité borderline (TPB) et la dysphorie de genre partagent des caractéristiques phénoménologiques : instabilité de l'identité vécue, dérégulation émotionnelle, aversion pour son propre corps et tendances suicidaires. Des cliniciens rapportent que le TPB est parfois négligé parce que l'accent est mis sur la déclaration d'identité de genre. Un diagnostic adéquat est essentiel, mais il est compliqué par le paradigme affirmatif.

Trouble de la personnalité borderline et dysphorie de genre : chevauchements et défis diagnostiques

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Le trouble de la personnalité borderline (TPB) est un trouble psychiatrique caractérisé par des relations interpersonnelles instables, une image de soi instable, une dérégulation émotionnelle et de l'impulsivité. La dysphorie de genre est le malaise causé par la discordance entre le sexe biologique et l'identité de genre. Les deux troubles partagent un nombre frappant de caractéristiques.

Phénoménologie partagée

Le chevauchement entre le TPB et la dysphorie de genre se manifeste sur plusieurs plans :

  • Image de soi instable : dans le TPB, le sentiment de qui l'on est est instable et changeant. Cela peut aussi concerner l'identité de genre.
  • Aliénation corporelle : l'aversion pour son propre corps est une caractéristique à la fois du TPB et de la dysphorie de genre.
  • Suicidalité et automutilation : les deux troubles s'accompagnent d'un risque suicidaire accru.
  • Recherche intense d'identité : le TPB s'accompagne d'une quête intense et douloureuse d'une identité stable.

Défis diagnostiques

Questions cliniquement pertinentes :

  • La dysphorie de genre est-elle une expression de l'instabilité identitaire propre au TPB ?
  • Ou est-ce l'inverse : la dysphorie de genre contribue-t-elle à la déstabilisation de l'image de soi ?
  • Ou les deux troubles coexistent-ils de manière indépendante ?

Dans le paradigme affirmatif, ces questions sont difficiles à poser : le principe du « affirm first » laisse peu de place à un diagnostic différentiel approfondi. Les cliniciens qui interrogent la déclaration de genre d'un patient risquent d'être accusés de pratiquer une « conversion ».

Ce que dit la littérature

La prévalence des troubles de la personnalité dans les populations présentant une dysphorie de genre a été étudiée, mais les données sont rares et de qualité variable. Des études suggèrent que les troubles de la personnalité sont plus fréquents dans cette population que dans la population générale. Cela rend un diagnostic psychiatrique adéquat — incluant une évaluation des troubles de la personnalité — essentiel avant toute étape médicale de transition.

Voir aussi : la comorbidité psychiatrique dans la dysphorie de genre et la dysmorphie corporelle et la dysphorie de genre.


Sources :