1 janvier 2023
Le binding chez les adolescentes : risques pour la santé et ce que dit la recherche
Le binding est une pratique par laquelle des adolescentes (et parfois des femmes adultes) compriment leur poitrine pour obtenir une silhouette plus plate. Elle est très répandue chez les filles souffrant de dysphorie de genre, comme alternative à un traitement médical ou en prélude à celui-ci. La recherche montre que le binding prolongé comporte des risques : douleurs aux côtes, essoufflement, problèmes de peau et, dans les cas graves, des lésions aux côtes ou aux poumons. Le discours sur le « binding sécurisé » et les conseils donnés par les cliniques font l'objet de débat.

Vous doutez, vous avez des regrets, des séquelles ou vous êtes en détransition ?
Contactez-nous en toute confidentialitéLe binding — aussi appelé « chest binding » ou « binding » — désigne la pratique consistant à comprimer ou aplatir la poitrine à l'aide de bandages, de bandes sportives ou de binders spécialement conçus. C'est une méthode fréquemment utilisée par des adolescentes et de jeunes femmes souffrant de dysphorie de genre qui souhaitent adopter une apparence plus masculine sans traitement médical.
La prévalence
Des études menées auprès de jeunes fréquentant des cliniques de genre montrent des taux élevés de recours au binding. Une étude de Peitzmeier et al. (2017) publiée dans la revue Pediatrics a révélé que la majorité des hommes transgenres interrogés (de sexe biologique féminin) avaient bandé leur poitrine à un moment donné, et beaucoup le faisaient quotidiennement.
Les risques pour la santé
La même étude a rapporté que 97,2 % des utilisateurs de binding signalaient des effets négatifs sur la santé :
- Douleurs dorsales (53,8 %)
- Essoufflement (76,3 %)
- Douleurs musculaires (42 %)
- Symptômes cutanés tels qu'éruptions, infections (48,1 %)
- Douleurs aux côtes (47,2 %)
- Cas plus graves : fractures des côtes, lésions pulmonaires, détresse respiratoire soudaine
Conseils cliniques et débat
Certaines cliniques de genre donnent des conseils sur le « binding sécurisé » — combien de temps par jour bander, quels matériaux utiliser, quand arrêter. Les critiques estiment que donner de tels conseils légitime et normalise la pratique sans accorder une attention suffisante aux risques pour la santé.
Une question plus fondamentale se pose également : est-il souhaitable qu'une adolescente bande quotidiennement sa poitrine — un effet secondaire de sa dysphorie de genre — plutôt que de traiter la dysphorie sous-jacente ?
Le lien avec la mastectomie
Chez certaines filles, le binding précède une mastectomie bilatérale. L'histoire de Chloe Cole et de Luka Hein a commencé par le binding, suivi d'une ablation chirurgicale. La pénibilité du binding quotidien est parfois utilisée comme argument en faveur d'une chirurgie précoce — ce qui soulève la question méthodologique de savoir si le binding lui-même constitue un problème nécessitant une chirurgie.
Sources :
Transregret





