cliniques

1 janvier 2024

L'hôpital universitaire Karolinska met fin aux soins de genre pour mineurs : la décision et son contexte

En mai 2021, l'hôpital universitaire Karolinska de Stockholm est devenu la première grande clinique de genre européenne à mettre fin aux bloqueurs de puberté pour mineurs, une décision qui a marqué le début d'un changement de paradigme en Europe. Le contexte : des lanceurs d'alerte, des préoccupations internes et l'absence de preuves solides.

L'hôpital universitaire Karolinska met fin aux soins de genre pour mineurs : la décision et son contexte

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En mai 2021, l'hôpital universitaire Karolinska (Karolinska Universitetssjukhuset) de Stockholm a pris une décision qui allait transformer les soins de genre en Europe : la clinique cesserait de prescrire des bloqueurs de puberté et des hormones du sexe opposé aux mineurs, sauf dans le cadre d'études cliniques approuvées.

Le déclencheur : lanceurs d'alerte et préoccupations internes

La décision a été précédée de préoccupations internes. Plusieurs lanceurs d'alerte au sein de la clinique Karolinska avaient exprimé des inquiétudes concernant les protocoles de traitement et la qualité du dépistage psychologique. Ils affirmaient que des patients étaient médicalisés sans évaluation adéquate de troubles psychiatriques sous-jacents.

Un rapport interne a conclu que la base de preuves relative aux bloqueurs de puberté pour la dysphorie de genre chez les mineurs était insuffisante pour un usage clinique courant.

La décision

La décision de mai 2021 a été suivie, en février 2022, d'une politique formelle de la Socialstyrelsen suédoise (l'Agence nationale de la santé et du bien-être) : les bloqueurs de puberté et les hormones pour mineurs ne peuvent désormais être prescrits que dans des cas exceptionnels, de préférence dans le cadre de la recherche.

En 2023, la SBU suédoise (Statens beredning för medicinsk och social utvärdering) a publié une revue systématique concluant que la qualité des preuves relatives aux bloqueurs de puberté pour la dysphorie de genre chez les mineurs était faible à très faible. Voir : la revue de la SBU.

Une portée plus large

La décision de Karolinska fut la première d'une série : la Finlande a suivi en 2023, le Danemark en 2024, le Royaume-Uni (avec la Cass Review) en 2024, la Norvège en 2023, et plusieurs autres pays ont révisé leur politique. Elle marque la fin de l'usage non critique des bloqueurs de puberté comme pratique standard en Europe.

Voir aussi : l'article précédent sur Karolinska et le rapport norvégien UKOM.


Sources :