1 janvier 2023
« Transmedical » contre « truscum » : le débat interne à la communauté trans
Les personnes transgenres ne s'accordent pas toutes sur ce que signifie « transgenre ». Les « transmedicals » affirment que la dysphorie de genre est une condition nécessaire, tandis que d'autres rejettent ce modèle médical. Ce débat interne a des conséquences directes sur la question de savoir qui a « besoin » d'un traitement de genre et qui n'en a pas besoin.

Vous doutez, vous avez des regrets, des séquelles ou vous êtes en détransition ?
Contactez-nous en toute confidentialitéAu sein de la communauté transgenre existe un débat interne important sur la définition de l'identité transgenre. Ce débat est pertinent pour le débat plus large sur les soins de genre : il touche à la question de savoir qui a « besoin » d'un traitement de genre et qui n'en a pas besoin.
La perspective « transmedical »
Les personnes transgenres qui adoptent une perspective « transmedical » affirment que la dysphorie de genre — le malaise face au sexe biologique — est au cœur de l'identité transgenre. Elles avancent que :
- Être transgenre est une condition médicale, non une expression identitaire.
- Le traitement (hormones, parfois chirurgie) est médicalement nécessaire pour les personnes souffrant de dysphorie.
- Les personnes sans dysphorie ne sont pas « vraiment » transgenres — elles nuisent à la crédibilité des personnes transgenres qui ont réellement besoin d'un traitement.
La perspective identitaire élargie
Un courant plus large de l'activisme transgenre a rejeté le modèle médical comme étant restrictif. Dans cette perspective :
- Toute personne qui s'identifie comme transgenre l'est — indépendamment de toute dysphorie ressentie.
- Le traitement médical est une option, non une condition requise pour une identité transgenre valide.
- Le modèle médical pathologise inutilement les personnes transgenres et conditionne l'accès aux droits à des diagnostics médicaux.
Conséquences pour le débat sur les soins de genre
Ce débat interne a des conséquences directes sur la discussion relative aux soins de genre :
- Si la population « transgenre » s'élargit de personnes présentant une dysphorie de genre cliniquement significative à quiconque s'identifie comme transgenre, la base de données probantes pour le traitement change : les études menées sur une population ne s'appliquent pas automatiquement à l'autre.
- L'évolution du DSM et de la CIM — de « trouble » à « malaise identitaire » — s'inscrit dans l'expansion de la catégorie transgenre.
- Une catégorie transgenre plus large signifie davantage de personnes en demande de traitement, y compris des personnes pour qui le traitement est moins indiqué.
Ce débat interne est pertinent pour comprendre pourquoi la composition de la population des cliniques de genre a autant changé. Voir aussi : comorbidité psychiatrique et dysphorie de genre et recherche sur la désistance.
Sources :
Transregret


