1 janvier 2022
Le diagnostic de la dysphorie de genre : du DSM-III à l'ICD-11 — ce qui a changé, et pourquoi c'est important
Les critères diagnostiques de la dysphorie de genre ont profondément changé, du DSM-III au DSM-5 puis à l'ICD-11. Un aperçu de ce qui a changé, pourquoi, et avec quelles conséquences.

Vous doutez, vous avez des regrets, des séquelles ou vous êtes en détransition ?
Contactez-nous en toute confidentialitéLe diagnostic psychiatrique et médical de la dysphorie de genre a connu, en cinquante ans, plusieurs changements fondamentaux. Ces changements ne sont pas seulement académiques : ils déterminent qui est éligible à un traitement, quels traitements sont disponibles, et comment réagissent les assureurs et les pouvoirs publics.
DSM-III (1980) : le transsexualisme
Le DSM-III a introduit la catégorie « transsexualisme » comme trouble psychiatrique. Les critères étaient stricts : ils exigeaient un malaise persistant avec le sexe biologique et le désir d'appartenir à l'autre sexe, présents dès la petite enfance. Cela rendait la catégorie relativement étroite.
DSM-IV (1994) : le trouble de l'identité de genre
Le DSM-IV a remplacé « transsexualisme » par « trouble de l'identité de genre » (gender identity disorder, GID). Les critères ont été légèrement élargis, mais l'accent sur le schéma présent dès la petite enfance a été maintenu.
DSM-5 (2013) : la dysphorie de genre
Le changement le plus radical : le DSM-5 a remplacé le GID par la « dysphorie de genre ». Le glissement essentiel : la souffrance (dysphorie) est désormais le cœur du diagnostic, et non l'identité elle-même. Une personne ayant une identité transgenre sans souffrance significative ne reçoit pas de diagnostic de dysphorie de genre. Cela a élargi la catégorie et a permis à davantage de personnes, y compris sans schéma présent dès la petite enfance, de recevoir ce diagnostic.
ICD-11 (2022) : la « gender incongruence »
La WHO va plus loin avec l'ICD-11 : la « gender incongruence » ne figure plus dans le chapitre psychiatrique, mais dans un nouveau chapitre consacré aux « conditions related to sexual health ». Il s'agit d'une dépathologisation délibérée : la condition n'est plus un trouble psychiatrique, mais une condition médicale justifiant un traitement.
Conséquences pratiques de ces évolutions
Chaque changement de définition a élargi le groupe éligible à un traitement. Cela correspond à l'explosion du nombre d'orientations vers les cliniques de genre : davantage de personnes entrent dans les critères diagnostiques, davantage de cliniques sont créées, davantage de traitements sont administrés. La Cass Review a constaté que la population de patients avait fondamentalement changé, mais que les protocoles de traitement n'avaient pas évolué en proportion.
Sources :
- American Psychiatric Association. (2013). Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders (5th ed.). DSM-5.
- WHO. ICD-11: Gender incongruence. (2022)
- Conclusions de la Cass Review. Transspijt.nl.
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