Partie 5 sur 6

Ce qu'un médecin doit faire aujourd'hui

Aucune poursuite à l'encontre des médecins qui ont dispensé des soins de bonne foi, selon les connaissances de l'époque — mais sept recommandations concrètes sur la manière de procéder à partir d'aujourd'hui.

Cette partie ne constitue en aucun cas une accusation à l'encontre des médecins qui, de bonne foi et dans le cadre des connaissances de l'époque, ont dispensé ces soins. Il s'agit d'une mise en garde concernant ce qui sera fait à partir d'aujourd'hui.

Pour le médecin qui, en 2026, sera amené à s’entretenir avec un patient au sujet des inhibiteurs de la puberté, des hormones du sexe opposé ou de la chirurgie de confirmation de genre chez les mineurs, les principes suivants s’appliquent.

1. Tenez-vous activement informé de l’évolution des connaissances

L’ignorance ne constitue plus un moyen de défense. Veuillez lire au minimum :

2. Consignez ce qui a été discuté — et pas seulement ce qui a été signé

Consignez précisément dans le dossier les informations fournies concernant :

  • l’incertitude quant à l’efficacité ;
  • le caractère irréversible ;
  • la perte de fertilité ;
  • les alternatives (attente, psychothérapie sans intervention médicale).

Une signature sans compte-rendu d’entretien sous-jacent n’offre aucune protection. C’est là le point essentiel de l’obligation d’information.

3. Évaluation approfondie des comorbidités avant toute intervention hormonale

Assurez-vous que les comorbidités — autisme, dépression, traumatismes, troubles alimentaires — ont fait l’objet d’une évaluation approfondie et, si nécessaire, d’un traitement avant qu’une intervention hormonale ne soit envisagée. Il ne s’agit pas d’une simple case à cocher, mais d’une exigence de diligence à part entière relevant de la deuxième norme disciplinaire.

4. Abordez la question de la désistance et les chiffres réels de désistement

Abordez les points suivants :

  • l’existence du désistement — le pourcentage d’enfants prépubères qui parviennent à l’acceptation de leur corps sans intervention médicale ;
  • le fait que 96 à 98 % des jeunes, après un traitement par inhibiteurs de la puberté, passent à un traitement hormonal de l’autre sexe — la métaphore du « bouton pause » est en réalité erronée ;
  • la littérature internationale de plus en plus abondante sur les personnes ayant renoncé à leur transition.

5. Faites preuve d’une extrême prudence chez les mineurs

La capacité de discernement pour prendre des décisions ayant des conséquences profondes et durables est contestée. Un médecin consciencieux qui prend l’enfant au sérieux prend également au sérieux la psychologie du développement. Voir la partie 2 — le cadre juridique relatif à la capacité de discernement à plusieurs niveaux (art. 7:450 du Code civil néerlandais) et la Convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant.

6. Ne vous fiez pas exclusivement aux directives

Ni la directive néerlandaise, ni la norme SOC-8 de la WPATH ne suffisent à elles seules à justifier une décision. Toutes deux sont controversées — voir les WPATH Files. C’est l’évaluation personnelle du professionnel concerné qui fait autorité.

7. Tenez compte des longs délais de prescription

Les dossiers peuvent être consultés longtemps après la fin du traitement. Le délai de prescription pour les actions civiles est de 5 ans à compter de la prise de connaissance du préjudice, avec une limite absolue de 20 ans à compter de la survenance du fait. Pour les mineurs, le délai ne court pas tant qu’ils sont mineurs. Un patient âgé de 13 ans en 2026 pourra encore intenter une action jusqu’en 2046.

Rédigez le dossier dès maintenant

La loi Wgbo ne change pas, le droit disciplinaire ne change pas, le livre 6 du Code civil ne change pas. Mais ce qui est considéré comme une bonne pratique de soins, ce qui est considéré comme une information complète, et ce qu’un professionnel raisonnablement compétent est censé savoir — tout cela évolue. Rapidement.

Les médecins qui ne prennent pas en compte cette évolution courent le risque réel de devoir — dans cinq, dix ou quinze ans — rendre des comptes sur les décisions qu’ils prennent aujourd’hui. Non pas parce qu’ils avaient de mauvaises intentions à l’époque, mais parce qu’ils ont ignoré des signaux qu’ils auraient pu connaître, qu’ils auraient dû connaître et qu’ils sont de plus en plus en mesure de connaître.

Primum non nocere — avant tout, ne pas nuire. C’est une obligation qui n’exige aucune certitude statistique pour s’appliquer. Le doute suffit. Et ce doute existe, indéniablement, et ce ne sont pas les critiques extérieurs qui le disent, mais les praticiens eux-mêmes — voir la reconnaissance d’Amsterdam.

→ Suivant : Guide à l’intention des personnes ayant subi un préjudice, pour elles-mêmes ou au nom d’un enfant.