1 janvier 2024
Troubles alimentaires chez les garçons et dysphorie de genre : un lien sous-estimé
Chez les garçons biologiques présentant une dysphorie de genre, les troubles alimentaires peuvent remplir une fonction spécifique : contrer la puberté masculine en affamant le corps. Mais l'inverse existe aussi : des garçons souffrant d'anorexie peuvent développer un rejet du corps masculin qui ressemble à de la dysphorie de genre.

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Contactez-nous en toute confidentialitéLa relation entre troubles alimentaires et dysphorie de genre est relativement bien documentée chez les filles — mais chez les garçons biologiques, ce lien est moins étudié et cliniquement plus complexe.
Le corps comme ennemi : deux voies
Chez les garçons biologiques, troubles alimentaires et dysphorie de genre peuvent être liés de deux manières :
Voie 1 : le trouble alimentaire comme suppression de la puberté
Les garçons qui vivent leur puberté masculine comme indésirable peuvent, consciemment ou non, restreindre leur alimentation pour ralentir ou entraver la puberté. Un poids corporel bas supprime la production de testostérone et retarde le développement des caractères sexuels secondaires.
Voie 2 : l'insatisfaction corporelle comme chevauchement diagnostique
Les garçons souffrant d'anorexie mentale développent une insatisfaction corporelle intense. Cela peut ressembler en surface à de la dysphorie de genre : un sentiment que le corps est « mauvais », le désir de le transformer, et une identification à un autre état corporel. La cause sous-jacente est cependant différente.
Les dangers cliniques
Le chevauchement entre troubles alimentaires et dysphorie de genre chez les garçons soulève des questions cliniques :
- La dysphorie de genre est-elle traitée en priorité alors que le trouble alimentaire est en réalité le problème sous-jacent ?
- Le traitement hormonal (qui transforme davantage le corps) améliore-t-il ou aggrave-t-il le trouble alimentaire ?
- La dysphorie de genre résulte-t-elle de l'insatisfaction corporelle, ou le trouble alimentaire est-il une stratégie pour « gérer » la dysphorie de genre ?
La prévalence clinique
Les recherches montrent des taux plus élevés de troubles alimentaires chez les jeunes transgenres que dans la population générale. Une étude de Diemer et al. (2015) a constaté que les jeunes transgenres rapportaient deux fois plus souvent des troubles alimentaires. Chez les garçons biologiques s'identifiant comme transgenres, les études spécifiques restent rares.
Voir aussi : troubles alimentaires et dysphorie de genre chez les adolescentes et comorbidité psychiatrique et dysphorie de genre.
Sources :
- Diemer, E.W. et al. (2015). Gender identity, sexual orientation, and eating-related pathology in a national sample of college students. Journal of Adolescent Health.
- Coelho, J.S. et al. (2019). Eating disorder pathology in transgender adolescents. Eating Disorders.
- Troubles alimentaires et dysphorie de genre chez les adolescentes. Transspijt.nl.
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