24 mai 2026

World Athletics — durcissement des règles d'éligibilité pour la catégorie féminine

En 2023, sous la présidence de Sebastian Coe, World Athletics a modifié les règles relatives aux catégories de sexe. Les femmes trans ayant traversé la puberté masculine sont exclues de la catégorie féminine. Pour les athlètes DSD porteuses de chromosomes XY, le seuil de testostérone a été abaissé et son champ d'application étendu à toutes les épreuves féminines.

World Athletics — durcissement des règles d'éligibilité pour la catégorie féminine

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World Athletics, la fédération mondiale de l'athlétisme (successeure de l'IAAF), a considérablement durci en 2023 ses règles relatives aux catégories de sexe dans les compétitions internationales. Cette modification fait suite à des années de débat scientifique et juridique sur la préservation de compétitions féminines équitables.

L'essentiel de la politique

Depuis mars 2023 — avec des révisions ultérieures, dont une mise à jour en décembre 2025 — les principes suivants s'appliquent dans l'athlétisme international :

  • Les athlètes ayant traversé la puberté masculine ne peuvent plus participer aux épreuves féminines au niveau du classement mondial et des championnats.
  • Pour les athlètes atteintes de DSD (Differences of Sex Development) porteuses de chromosomes XY, de testicules et de taux de testostérone dans la plage masculine, une réduction obligatoire du taux de testostérone sanguine jusqu'à un seuil fixé s'applique pendant une période minimale précédant la compétition.
  • Le seuil a été abaissé par rapport à la réglementation précédente et s'applique désormais à toutes les épreuves féminines, et non plus seulement aux distances de 400 mètres au mile, comme le prévoyaient les règles antérieures.

Motivation

Pour justifier sa décision, la fédération renvoie à des recherches scientifiques documentant des avantages physiques durables après la puberté masculine — notamment en matière de taille, de capacité cardio-pulmonaire, de masse musculaire, de densité osseuse et de taux d'hémoglobine. Le président Sebastian Coe a qualifié ces décisions d'« action décisive pour protéger la catégorie féminine dans notre sport ».

Contexte juridique

Les règles d'éligibilité de World Athletics ont été contestées à plusieurs reprises devant le Court of Arbitration for Sport (CAS) et le Bundesgericht suisse. Jusqu'à présent, aucune athlète n'a réussi par cette voie à faire annuler les règles. En 2019, le CAS a jugé que les règles DSD sont certes discriminatoires, mais proportionnées au regard de leur objectif — la protection de compétitions féminines équitables — et donc admissibles.

Comparaison avec d'autres fédérations

La politique de World Athletics s'aligne sur l'approche de World Aquatics (natation, 2022) et — dans une moindre mesure — sur celle des fédérations internationales de rugby. D'autres fédérations internationales appliquent encore des régimes plus souples, parfois fondés sur les taux de testostérone sans exclusion après la puberté masculine. Cette différence a des conséquences pour la participation olympique et pour les fédérations nationales qui doivent aligner leur politique sur le cadre international.

Portée

Pour le débat sur l'inclusion et l'équité dans le sport féminin, la politique de World Athletics constitue un exemple qui fait référence. Elle montre qu'une grande fédération peut fonder l'éligibilité sur le développement biologique — et non sur l'auto-identification — et que ce choix résiste juridiquement. Pour l'athlétisme néerlandais et l'Atletiekunie, le cadre européen et mondial s'applique de manière contraignante lors des compétitions internationales.


Sources :