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1 janvier 2024

L'étude ROGD de Littman (2018) : méthode, controverse et évaluation par les pairs

L'étude de Lisa Littman sur la Rapid Onset Gender Dysphoria (ROGD), publiée en 2018 dans PLOS ONE, a subi une forte pression de la part des militants transgenres après sa publication : l'université a fait réaliser un examen interne, PLOS ONE a révisé l'article. Il a finalement été republié — avec des ajustements dans la formulation des conclusions, mais pas dans les données. Cette affaire illustre comment la pression politique peut influencer la recherche académique.

L'étude ROGD de Littman (2018) : méthode, controverse et évaluation par les pairs

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En 2018, Lisa Littman, pédiatre et chercheuse à l'université Brown, a publié dans PLOS ONE une étude sur ce qu'elle a appelé la « Rapid Onset Gender Dysphoria » (ROGD). L'étude, fondée sur des questionnaires remplis par des parents, documentait un schéma dans lequel des adolescents — souvent des filles regroupées en clusters — rapportaient une dysphorie de genre soudaine après un usage intensif des réseaux sociaux et après que des amis avaient fait de même.

L'étude

Littman a demandé aux parents de 256 enfants présentant une ROGD présumée de remplir un questionnaire détaillé. Les constats :

  • 41 % des enfants avaient un ou plusieurs amis ayant eux aussi annoncé une identité transgenre avant qu'ils ne le fassent eux-mêmes
  • 62 % des enfants avaient connu une augmentation significative de leur usage des réseaux sociaux juste avant l'annonce
  • des concentrations élevées de comorbidités psychiatriques chez ces enfants
  • dans 87 % des cas, les parents rapportaient qu'à leurs yeux la dysphorie n'était pas présente avant l'annonce

La réaction politique

Après la publication, une tempête de critiques a éclaté — non seulement scientifiques, mais aussi politiques. Des organisations militantes trans ont écrit des lettres à l'université Brown et à PLOS ONE. Brown a d'abord retiré de son site le communiqué de presse consacré à l'étude. PLOS ONE a annoncé un réexamen interne.

En 2019, l'étude a été republiée dans PLOS ONE, avec des ajustements dans la formulation des conclusions — mais les données elles-mêmes sont restées inchangées. Littman a affirmé que le cœur de ses constats était resté intact.

Débat méthodologique

Les critiques ont estimé que l'étude était méthodologiquement limitée : les parents comme source d'information sont subjectifs, l'échantillon n'était pas représentatif (recrutement via des forums gender-critiques), et la ROGD n'est pas un diagnostic reconnu. Les défenseurs ont souligné que la recherche qualitative exploratoire est une méthode légitime, et que les critiques étaient disproportionnées pour une étude de ce type.

Voir aussi le contexte plus large dans : la contagion sociale et la ROGD et TikTok et l'identification transgenre chez les jeunes.


Sources :