1 août 2018
Lisa Littman et l'étude ROGD : la controverse académique autour d'une recherche gênante (2018)
En août 2018, la Dre Lisa Littman a publié son étude ROGD dans PLOS ONE, basée sur des enquêtes menées auprès de parents d'adolescents ayant soudainement adopté une identité transgenre. L'étude suggérait que des effets de contagion sociale et une vulnérabilité psychique jouaient un rôle. La controverse qui a suivi — pression des pairs, pression universitaire et un retrait partiel suivi d'une republication — illustre comment le débat sur le genre met la science sous pression.

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Contactez-nous en toute confidentialitéLe 16 août 2018, la Dre Lisa Littman, médecin et épidémiologiste rattachée à l'université Brown, a publié une étude dans la revue PLOS ONE intitulée « Rapid-onset gender dysphoria in adolescents and young adults: A study of parental reports. » Cette étude allait devenir l'un des conflits académiques les plus controversés du débat sur le genre.
Qu'a étudié Littman ?
Littman a analysé les réponses de 256 parents qui, via des sites comme 4thWaveNow et Transgender Trend, ont indiqué que leur enfant avait soudainement — sans signes antérieurs pendant l'enfance — adopté une identité transgenre, souvent après que des amis de leur entourage social avaient fait de même.
Ses résultats suggéraient un schéma qu'elle a appelé « rapid onset gender dysphoria » : un changement soudain d'identité de genre chez les adolescents, associé à :
- Une consommation accrue des réseaux sociaux
- Une dynamique de groupe (plusieurs amis transitionnant simultanément)
- Des troubles psychiques comorbides (dépression, anxiété, troubles alimentaires, autisme)
- Une détérioration de la relation avec les parents après le « coming out »
La controverse
Avant même que l'encre ait séché, une campagne a été lancée pour faire retirer l'étude. Les critiques portaient sur des faiblesses méthodologiques — l'échantillon ne comprenait que des parents, pas les jeunes eux-mêmes, et le recrutement via des sites critiques impliquait un biais de sélection. Ce sont là des objections méthodologiques légitimes.
Mais la réaction est allée bien au-delà de la critique scientifique. L'université Brown a retiré un communiqué de presse sur l'étude, et PLOS ONE a temporairement suspendu la publication pour une « révision post-publication » — une démarche rare. Après un processus de réévaluation, l'étude a été republiée, accompagnée d'une déclaration complémentaire sur ses limites méthodologiques.
Ce que révèle ce débat
Des critiques ont estimé que le retrait du communiqué de presse et la suspension temporaire de l'étude résultaient d'une pression politique, et non d'objections scientifiques. Le Providence Journal a rapporté que Littman avait subi des conséquences sociales et professionnelles.
L'étude a mis en lumière un problème structurel : la recherche sur d'éventuels facteurs sociaux dans la dysphorie de genre a été présentée comme une recherche « anti-trans » — même lorsque la question de recherche était en soi légitime. Cela a un effet dissuasif sur les scientifiques qui souhaitent explorer ce terrain.
Voir aussi : l'article ROGD sur Transspijt.nl et la contagion sociale comme facteur dans le ROGD.
Recherches ultérieures
Plusieurs études ultérieures confirment l'existence du schéma décrit par Littman, même si le terme « ROGD » reste controversé. La hausse soudaine du nombre d'adolescentes qui recherchent des soins liés à l'identité de genre — au Royaume-Uni, aux États-Unis, en Suède, en Finlande et aux Pays-Bas — est un fait épidémiologique qui appelle une explication. Voir la Cass Review pour l'analyse détaillée la plus récente à ce sujet.
Sources :
Transregret


