1 janvier 2024
Dépression, anxiété et dysphorie de genre : le problème de l'œuf et de la poule dans le traitement
Chez les jeunes présentant une dysphorie de genre, la dépression et les troubles anxieux sont significativement plus fréquents que chez leurs pairs. La question clinique est la suivante : ces troubles sont-ils une conséquence de la dysphorie de genre (et la transition médicale les résout-elle), ou constituent-ils un terreau pour la dysphorie de genre (et la souffrance psychique doit-elle d'abord être traitée) ? Des études montrent que la transition médicale ne résout pas toujours les troubles psychiques.

Vous doutez, vous avez des regrets, des séquelles ou vous êtes en détransition ?
Contactez-nous en toute confidentialitéLorsqu'un adolescent se présente dans une clinique de genre avec une dysphorie de genre tout en souffrant de dépression, d'anxiété et parfois de pensées suicidaires, les soignants sont confrontés à une question fondamentale : qu'est-ce qui est cause et qu'est-ce qui est conséquence ?
La corrélation
Pratiquement toutes les études montrent que les troubles psychiques sont significativement plus fréquents chez les personnes présentant une dysphorie de genre que dans la population générale :
- Dépression : prévalence 2 à 4 fois plus élevée
- Troubles anxieux : prévalence 2 à 3 fois plus élevée
- Idéation suicidaire : significativement plus élevée
- Automutilation : significativement plus élevée
Voir aussi : les statistiques de suicidalité liées à la dysphorie de genre.
La question causale
Dans le paradigme affirmatif, la réponse est implicite : la dysphorie de genre cause les troubles psychiques, et la transition médicale les résout. C'est le fondement du raisonnement « suicide ou transition » : sans traitement, les enfants meurent.
Mais le sens de la causalité n'est pas évident. Alternatives :
- La dépression et l'anxiété mènent à une quête identitaire qui peut s'exprimer sous forme de dysphorie de genre.
- La dysphorie de genre et les troubles psychiques ont des causes sous-jacentes communes (génétiques, neurologiques, traumatiques).
- Les troubles psychiques sont une réaction au rejet social et au harcèlement, et non à la dysphorie de genre elle-même.
Que dit la recherche sur les résultats ?
Les études mesurant les troubles psychiques avant et après la transition médicale ne donnent pas de résultat univoque. Certaines montrent une amélioration ; d'autres — avec un suivi plus long — ne montrent aucune amélioration ou une amélioration incomplète. Une étude longitudinale suédoise (Dhejne et al., 2011) a montré que la morbidité psychique restait plus élevée après une chirurgie de confirmation de genre que dans la population générale.
L'étude finlandaise (Ruuska et al., 2024) a montré que les troubles psychiques persistaient ou s'aggravaient dans des proportions significatives après une transition médicale de genre. Voir : l'étude finlandaise sur la morbidité psychiatrique.
Sources :
- Dhejne et al. (2011). Long-term follow-up of transsexual persons. PLOS ONE.
- Cass, H. (2024). Final Report. NHS England.
- Statistiques de suicidalité liées à la dysphorie de genre. Transspijt.nl.
- Étude finlandaise sur la morbidité psychiatrique. Transspijt.nl.
- Comorbidité psychiatrique dans la dysphorie de genre. Transspijt.nl.
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