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1 janvier 2024

Suicidalité et dysphorie de genre : les statistiques, les mythes et ce que dit vraiment la recherche

L'argument « traiter ou ils meurent » est fréquemment utilisé pour justifier la médecine de genre chez les mineurs. Mais la recherche ne montre aucun lien causal entre le traitement et une baisse du risque suicidaire.

Suicidalité et dysphorie de genre : les statistiques, les mythes et ce que dit vraiment la recherche

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L'un des arguments les plus utilisés en faveur du traitement de genre chez les mineurs est l'argument du « life-saving » (qui sauve des vies) : sans traitement, les jeunes transgenres se suicideraient. C'est un argument qui pousse les parents à céder et fait hésiter les décideurs politiques à limiter les traitements. Mais que dit vraiment la recherche ?

Les statistiques citées

Les statistiques souvent citées avancent que 40 à 50 % des jeunes transgenres auraient fait une tentative de suicide. Ce sont des chiffres alarmants — mais ils proviennent d'enquêtes autodéclarées sans vérification clinique, avec un biais de sélection typiquement élevé (les personnes en plus grande souffrance participent plus souvent aux enquêtes sur les personnes trans).

Les chiffres réels de suicides aboutis sont statistiquement difficiles à mesurer en raison des faibles effectifs. Le suicide reste, dans toutes les catégories, une issue rare, même lorsque le risque relatif est accru.

Le traitement de genre réduit-il le risque suicidaire ?

C'est la question cruciale — et les preuves sont d'une faiblesse préoccupante :

  • L'étude de cohorte suédoise (Dhejne et al., 2011) a constaté que les personnes transgenres présentaient, après chirurgie, des taux de mortalité par suicide significativement plus élevés que la population générale — et non plus faibles.
  • L'étude de Branström & Pachankis (2020), qui rapportait initialement une amélioration, a dû être corrigée — l'effet a disparu après correction.
  • Une étude finlandaise (Ruuska et al., 2024) — évoquée sur Transspijt.nl — a constaté que les troubles psychiques ne s'amélioraient pas après une transition médicale, et s'aggravaient parfois.

La Cass Review sur la suicidalité

La Cass Review a explicitement affirmé que l'argument « life-saving » n'était pas suffisamment étayé par les preuves pour justifier son utilisation en faveur d'un traitement de genre rapide. Elle a reconnu la grande détresse psychique des jeunes transgenres — mais a jugé « faibles » les preuves selon lesquelles le traitement de genre réduit cette détresse.

La dimension éthique

L'argument « traiter ou ils meurent » est rhétoriquement puissant mais éthiquement problématique lorsqu'il est utilisé pour contourner toute évaluation critique. Il sous-entend que les médecins n'ont pas d'autre choix — alors que les preuves de l'efficacité du traitement sont faibles et que les risques du traitement sont bien réels. Voir aussi : la comorbidité psychiatrique dans la dysphorie de genre.


Sources :